Tran Anh Hung : La Ballade de l’impossible – Norvegian Wood (ノルウェイの森 – Noruwei no more)

Ce que le synopsis nous en dit :
Tokyo, fin des années 60. Kizuki, le meilleur ami de Watanabe, s’est suicidé. Watanabe quitte alors Kobe et s’installe à Tokyo pour commencer ses études universitaires. Alors qu’un peu partout, les étudiants se révoltent contre les institutions, la vie de Watanabe est, elle aussi, bouleversée quand il retrouve Naoko, ancienne petite amie de Kizuki. Fragile et repliée sur elle-même, Naoko n’a pas encore surmonté la mort de Kizuki. Watanabe et Naoko passent les dimanches ensemble et le soir de l’anniversaire des 20 ans de Naoko, ils font l’amour. Mais le lendemain, elle disparaît sans laisser de traces. Watanabe semble alors mettre sa vie en suspension depuis la perte inexplicable de ce premier amour. Lorsqu’enfin il reçoit une lettre de Naoko, il vient à peine de rencontrer Midori, belle, drôle et vive qui ne demande qu’à lui offrir son amour.

Ce que j’en pense :
Inconditionnelle des œuvres de Haruki Murakami, j’attendais avec impatiente de voir l’une d’entre elles portée à l’écran. La Ballade de l’impossible étant parmi ses seuls livres ne contenant pas de « fantastique », le choix semblait plutôt judicieux. Par ailleurs, l’auteur étant réputé pour être l’un des « japonais les plus occidentaux », le fait que le réalisateur soit un français d’origine vietnamienne menant des acteurs japonais, était plutôt un bon présage.
Comme dans toute adaptation, des coupes sèches ont dû été faites pour arriver à une durée raisonnable, engendrant quelques frustrations. Pour moi, toute la subtilité de Murakami réside dans son attachement aux détails, qui n’ont ici que peu leur place. Un effort est tout de même à noter en ce sens, avec par exemple l’omniprésence des repas. Mais c’est surtout dans la profondeur des personnages, en particuliers des personnages secondaires, que la superficialité est la plus flagrante comparée à l’œuvre originale. Par contre, la retranscription de l’atmosphère, un peu lente et totalement prenante, surréaliste, est une vraie réussite. Dommage qu’elle soit gâchée par une bande sonore absolument atroce (à mon goût). Si la musique atonale et déchirante peut effectivement représenter la douleur, elle devrait être utilisée à dose homéopathique. Pourquoi faire également souffrir nos oreilles, alors que seules les émotions auraient suffit ? En contrepartie sonore, la voix absolument sublime de l’actrice Rinko Kikuchi.
Enfin, je doute de la réaction des personnes ne connaissant pas l’auteur, que la « franchise » de certaines scènes pourraient surprendre.

Conclusion :
Cela ressemble à du Murakami, mais ce n’en est pas. Un beau film tout de même.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
– la vie
– les cris
– les pots d’échappement
– les relations humaines

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