Étiquette : SFFF & Diversité

Stefan Platteau : Dévoreur (Les Sentiers des Astres)

Ce que l’éditeur nous dit :

Sommes-nous les jouets des astres ? Qu’est-ce que ces choses lointaines éveillent en nous, qui nous anime, et nous pousse à agir d’une façon qui nous étonne nous-mêmes ?
Au-dessus de la demeure de Vidal, l’éleveur d’ânes, une planète brille trop fort ; le comportement de cet homme paisible s’en ressent. Son amie Aube assiste, impuissante, à sa transformation. Parviendra-t-elle à l’arracher à cette influence néfaste, ou faudra-t-il attendre l’aide de Peyr Romo, le magicien des Monts de souffre ?
Dans la vallée de Pélagis, de vieux instincts s’éveillent, prêt à dévorer toute humanité dans le cœur des êtres…
Une plongée dans l’âme d’un monstre, dans l’univers des Sentiers des Astres.
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Recueil factice spécial challenge SFFF & Diversité

J’ai du mal à expliquer clairement pourquoi, mais je constate que ces derniers temps j’ai plus de mal à trouver des livres que j’ai vraiment envie de lire jusqu’au bout. J’ai particulièrement rencontré cette problématique alors que j’essayais de relever le Challenge SFFF & Diversité. Il faut dire que la date de fin arrive à grands pas et peut-être que je me “force” à démarrer des bouquins, alors que je ne suis pas dans la meilleure disposition pour les lire. Peut-être que ces temps-ci je ne suis pas “en mode SFFF”. Peut-être que je n’ai pas eu de chance, ou bien que je deviens plus exigeante que par le passé. Ce qui est certain, c’est que je n’ai jamais pu m’obliger à terminer des bouquins qui ne m’emballaient pas (après avoir vraiment essayé hein, pas après deux pages). Il y en a tant d’autres qui attendent d’être lu, que ce ne serait qu’une perte de temps et d’énergie.
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Pierre Bottero : Le Pacte des MarchOmbres, tome 1 – Ellana

ellana_marchombre_1_pierre_botteroCe que l’éditeur nous dit :

Seule survivante d’un groupe de pionniers après l’attaque de leur caravane, une fillette est recueillie par un peuple sylvestre et grandit à l’écart des hommes. À l’adolescence, elle décide de partir en quête de ses origines. Sous le nom d’Ellana, elle croise alors le plus grand maître marchombre, Jilano Alhuïn, qui la prend pour élève et l’initie aux secrets de sa guilde. Un apprentissage semé de rencontres et de dangers…Le Pacte des Marchombres invite le lecteur à pénétrer dans les arcanes d’une guilde aux pouvoirs extraordinaires, et à suivre le destin d’Ellana Caldin, héroïne prodigieuse par sa psychologie, ses exploits physiques et son insatiable goût de la liberté.

Ce que j’en pense :

Cinq années se sont (déjà !) écoulées depuis la lecture des deux cycles de Pierre Bottero consacrés à son héroïne Ewilan (La quête d’Ewilan et Les mondes d’Ewilan). Ici c’est au tour de l’un des personnages secondaires de venir sur le devant de la scène, dont l’auteur avoue en prologue être tombé amoureux et n’avoir pas pu résister à lui dédier trois nouveaux volumes : j’ai nommé Ellana. Si je ne me souvenais pas si bien du détail des aventures de la petite troupe, j’avais bien gardé la demoiselle marchombre en mémoire. Si le temps de l’action se situe plus loin dans le passé, on sent bien que cette trilogie a été écrite après les deux autres, de part une qualité d’écriture que j’ai trouvée plus mature, plus aboutie. On sent que l’auteur s’est delecté de s’essayer à al poésie Marchombre.logo-diversitC3A9-petit-1
On retrouve par contre je ce que je considère comme un défaut : des personnages tous “les plus méga trop forts dans leurs catégories” que la terre ait jamais rencontré. Comme par hasard. Ils manquent clairement de faiblesses (ou pour ceux qui en ont, ce n’est que pour faire ressortir à quel point les autres sont encore plus trop forts) pour être le moins du monde réaliste. Mouais.

Conclusion :

Ravie de retrouver Ellana, même si quelques défauts de l’auteur persistent.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :

  • la grimpe
  • les ours
  • la ruse
  • diverla forêt

SFFF & D. : item 16

Ellana sur Amazon

Florence Hinkel : #Bleue

bleue_laurence_hinckelCe que l’éditeur nous dit :

Depuis la création de la Cellule d’Éradication de la Douleur Émotionnelle, la souffrance psychologique n’a plus cours. Il suffit de se faire oblitérer, et on ressort comme neuf ; seul un point bleu à l’intérieur du poignet garde la trace de cette douleur effacée.
L’intervention est obligatoire pour les mineurs. Les adultes, eux, ont le choix. Le jour où sa petite amie Astrid se fait renverser par une voiture, le jeune Silas est aussitôt emmené par les agents en combinaison jaune. Le lendemain, lorsque ses parents viennent le chercher, le garçon se sent bien.
Tout n’est-il pas pour le mieux dans le meilleur des mondes ?

Ce que j’en pense :

Comme ingrédients de départ nous avions : un thème fort (comment surmonter le deuil et la gestion des émotions), une bonne idée d’anticipation (un monde dans lequel la maîtrise de soi est le maître mot, au point d’avoir imposé l’éradication chirurgicale de tout stress négatif un peu trop fort) et des personnages prêts à tout remettre en question (quoi de mieux pour ça que l’adolescence). Malheureusement il semble manquer quelque chose ou les quantité ont mal été gérées, car la sauce ne prend pas. J’ai trouvé que finalement le message du bouquin était trop rapidement divulgué (sans surprise, Florence Hinkel défend l’intérêt d’éprouver des émotions, même les plus négatives, qui sont l’essence même de ce que nous sommes),sans être vraiment bien illustré. On tourne autour du pot, on nous indique que quelque chose cloche en l’absence de douleur, mais on ne met jamais tout à fait le doigt dessus.
La lecture n’est pas désagréable, mais clairement il manque quelque chose. Pour ce qui est de l’utilité d’accueillir ses émotions, qu’elles soient agréables ou non, je conseillerai plutôt de voir (ou de revoir) le film Vice-versa, ou bien de lire l’excellent Le pouvoir de la vulnérabilité de Brené Brown.
logo-diversitC3A9-petit-1Le sujet secondaire, qui dénonce l’abus des réseaux sociaux, comme mode de contrôle et substitution superficiel de la réalité, m’a paru finalement mieux traité. A noter que quelques jours après ma lecture, j’ai redécouvert par hasard la série Black Mirror, avec l’épisode Chute Libre (Nosedive), qui traite de ce même sujet avec brio.

Conclusion :

D’excellentes idées, mais un résultat moyen.

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A lire si vous voulez en savoir plus sur :

les ponts
les poignets
les feuilles mortes
la non violence

SFFF & D. : item 6

#Bleue sur Amazon

Nathalie Stragier : Ne ramenez jamais une fille du futur chez vous

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crédit photo : http://110livres.blogspot.fr/

Ce que l’éditeur nous dit :

Ne ramenez jamais une fille du futur chez vous…
… parce que pour elle, votre monde ressemble au Moyen ge.
… parce qu’elle sera envahissante, agaçante, imprévisible.
… mais surtout, parce qu’elle détient un secret terrible. Et c’est à vous qu’elle va le confier.

Ce que j’en pense :

Du bon et du moins bon dans ce roman de 432 pages. Dans ce qui cloche, vient en première position le style, franchement pas terrible. Nathalie Stragier a beau essayer de nous faire croire qu’elle vise un public adolescent, adopter un ton adapté ne justifie pas une écriture brouillonne et peu agréable à lire. Au contraire, car si de jeunes personnes lisent effectivement son travail, celles-ci pourraient être influencées par ce style. A l’heure où toute une génération dépérit à coup de textos, d’abréviation et d’absence de correction d’orthographe, les auteurs ont une véritable responsabilité quant à fournir un contenu correct ! Bon d’accord, il n’y a pas mort d’homme et j’exagère légèrement, mais quand même ! En second vient l’histoire, qui se lit rapidement, mais comporte également des maladresses. J’ai plus d’une fois eu le sentiment que Nathalie Stragier faisait du remplissage, sans toujours savoir là où elle souhaitait nous emmener. Enfin, il est dommage que seule l’héroïne, Andréa, soit vraiment développée, car on sent du potentiel dans son entourage.
Et justement, ce qui réussit c’est la manière dont sont retranscrits le quotidien et les préoccupations des lycéens. On y trouve de véritables références à une époque (comme les animaux de compagnies dénommés d’après des personnages de mangas), et des mécanismes réalistes : en tant qu’adolescente ingrate, Andréa n’hésite pas à essayer de manipuler son père pour arriver à ses fins, tout en culpabilisant de lui mentir, par exemple.
Mais bien sûr c’est tout l’aspect féministe qui constitue l’apothéose de La fille du futur, sous couvert d’une Pénélope au regard critique sur notre société, nous pointe du doigt avec beaucoup d’humour et de justesse toutes les incohérences, les inégalités et les injustices qui existent aujourd’hui entre les hommes et les femmes. Ainsi ces réflexions, sans jamais être amenées de manière agressives, sont bel et bien là, à bon entendeur…
J’ai appris en préparant cet article que cet ouvrage était le premier d’une trilogie. Si on peut arrêter là la lecture sans être frustré, une véritable fin nous étant proposée, je me laisserai peut-être tentée par la suite à l’occasion.

Conclusion :

Une écriture à améliorer mais des messages de fond savamment amenés.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :

les sèche-cheveux
les maillots de bain
la spéléologie
le pass interrail

SFFF & D. : item15logo-diversitC3A9-petit-1

3l

 

 

Margaret Atwood : La Servante écarlate (The Handmaid’s Tale)

La_servante_ecarlateCe que l’éditeur nous dit :
La « servante écarlate » c’est Defred, une entreprise de salubrité publique à elle seule. En ces temps de dénatalité galopante, elle doit mettre au service de la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, son attribut le plus précieux: sa matrice. Vêtue d’écarlate, elle accomplit sa tâche comme une somnambule, et le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, d’échanger des confidences, de dépenser de l’argent, d’avoir un travail, un nom, des amants… Doit-elle céder à la révolte, tenter de corrompre le système?Romancière, poète et essayiste, Margaret Atwood est un « grand écrivain » mais aussi, à plus d’un égard, un personnage qui fascine. « La Servante écarlate », cette « utopie négative » qui n’est pas sans rappeler « 1984 » d’Orwell, reste l’un de ses hauts faits d’armes dans le combat qu’elle a mené et continue de mener pour la femme.

Ce que j’en pense :
Si le roman est concentré sur la condition des femmes, puisque conté par l’une d’entre elles, je ne le qualifierai pas de purement féministe. Les hommes de cette société y sont tout autant soumis aux contraintes de la dictature, même si de manière plus ou moins drastique en fonction du rang social de chacun.
Bizarrement les différents éléments de dictât qui y sont décrits, m’ont pas plus choquée que ça. La manière de les décrire paraît si lointaine et détachée que je ne me suis pas vraiment sentie concernée. D’ailleurs, bien peu d’éléments de contextes nous sont fournis, sur la manière donc cette société s’est retrouvée dans cette situation.
Tous les sentiments de l’héroïne quant à la solitude sont bien plus présents, tandis que l’on suit ses pensées, qu’elle tente presque désespérément de s’occuper l’esprit avec des récits passés (qui sont également sources de douleurs, car terminés, voire tristes), qu’elle s’accroche aux détails du présent.
Le tout dernier chapitre, tout à fait inattendu, vient ajouter une vraie touche d’originalité, une sorte de nouvelle perspective à l’ensemble, qui fait que je ne suis pas sentie frustrée par l’absence de bien des réponses (lui-même n’en donne pas vraiment à y regarder de plus près).

Conclusion :logo-diversitC3A9-petit-1
Un roman qui se lit bien, mais qui ne m’aura pas bouleversée malgré la dureté de son sujet.

3-C3A9toiles

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les gravures sur bois
les cordes
les casquettes
la maternité

SFFF & D. : item 5

La servante écarlate sur Amazon

Pierre Gripari : La sorcière de la rue Mouffetard et autres contes de la rue Broca

Ce que l’éditeur nous dit :
Il était une fois la ville de Paris. Il était une fois une rue Broca. Il était une fois un café kabyle. Il était une fois un Monsieur Pierre. Il était une fois un petit garçon qui s’appelait Bachir. Il était une fois une petite fille. Et c’est ainsi que, dans ce livre, vous allez faire la connaissance d’une sorcière, d’un géant, d’une paire de chaussures, de Scoubidou, la poupée voyageuse, d’une fée, et que vous saurez enfin la véritable histoire de Lustucru et de la mère Michel.

Ce que j’en pense :
Quelle délicieuse expérience que celle de redécouvrir un classique de son enfance. Je me souviens clairement de la couverture du folio junior (l’un des premiers que j’ai lu, suivi de nombreux autres) de mon exemplaire de La sorcière de la rue Mouffetard. A l’époque je n’avais encore jamais mis les pieds à Paris et j’ai éprouvé une grande émotion en voyant finalement la fameuse rue de mes propres yeux (mes grands-parents vivant juste à côté) un ou deux ans plus tard. Au final c’est surtout un lieu très touristique (je ne sais pas si c’est à cause du livre ou si l’auteur l’a choisie parce qu’elle était déjà connue) parmi tant d’autres, mais l’évocation de son nom me sera toujours associé à une certaine magie. Pour en revenir aux nouvelles, j’ai à nouveau apprécié le ton absurde de l’auteur et la diversité des textes. Si on trouve toujours des références à la rue Broca (la véritable clé du recueil, mais je ne sais pas pourquoi, celle-ci m’a moins marquée), les univers sont finalement très diversifiés. Avec mes yeux d’adulte (féministe), j’ai tout de même noté quelques détails qui m’ont gênée. Prenons pas exemple le conte de la mère Michelle : on nous explique comment celle-ci fini par épouser un homme qui lui fait la cour au moyen de chantage et de harcèlement. Juste après avoir lu Les crocodiles, c’est un peu difficile à accepter. Mais il s’agit d’une autre époque, d’autres mœurs et cela n’aura pas entaché le plaisir que j’ai eu à cette relecture.

Conclusion :
Voyage en enfance !

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
l’histoire de France pour les nuls
la prospérité
les étoiles
les tirelires

Ken Liu : La ménagerie de papier (The Paper Menagerie and Other Stories)

Ce que l’éditeur nous dit :
« Elle plaque la feuille sur la table, face vierge exposée, et la plie. Intrigué, j’arrête de pleurer pour l’observer. Ma mère retourne le papier et le plie de nouveau, avant de le border, de le plisser, de le rouler et de le tordre jusqu à ce qu’il disparaisse entre ses mains en coupe. Puis elle porte ce petit paquet à sa bouche et y souffle comme dans un ballon. «Kan», dit-elle. «Laohu». Elle pose les mains sur la table, puis elle les écarte. Un tigre se dresse là, gros comme deux poings réunis. Son pelage arbore le motif du papier, sucres d’orge rouges et sapins de Noël sur fond blanc. J’effleure le petit animal qu’a créé Maman. Il remue la queue et se jette, joueur, sur mon doigt… »
Ken Liu est né en 1976 à Lanzhou, en Chine, avant d’émigrer aux états-Unis à l’âge de onze ans. Titulaire d’un doctorat en droit (université de Harvard), programmeur, traducteur du chinois, il dynamite les littératures de genre américaines, science-fiction aussi bien que fantasy, depuis une dizaine d’années, collectionnant distinctions et prix littéraires, dont le Hugo, le Nebula et le World Fantasy pour la seule « Ménagerie de papier », ce qui demeure unique à ce jour. Le présent recueil, sans équivalant en langue anglaise et élaboré au sein d un corpus considérable, consacre l’éclosion du plus brillant des talents, protéiforme et singulier l’avènement d’un phénomène.


Ce que j’en pense :
Commençons par les défauts de ce recueil : très souvent, les textes de Ken Liu ont un aspect prévisible, convenu ; il leur manque la part de mystère et de surprise qui font la différence. Je pense que c’est l’une des raisons pour lesquelles aucune de ces nouvelles ne m’a vraiment bluffée, tandis que j’ai été toute retournée par bon nombre des textes de Mélanie Fazi (comment ça je la cite tous les 3 articles, et alors c’est quoi le problème, c’est que ça fait trop longtemps que je n’ai pas parlé de Maïa Mazaurette ? ♥) ou de Lisa Tuttle que j’ai lus. Et pourtant Ken Liu est bel et bien un excellent nouvelliste, puisque dès les premières lignes il parvient à mettre en place un univers, une atmosphère, à poser ses personnages, pour ainsi créer des histoires riches malgré un nombre de pages réduit. Sur cet aspect d’ailleurs j’ai été épatée. L’auteur dispose de multiples cordes à son arc qui lui permettent de nous emporter dans des mondes, des ambiances, des cultures, voire des genres très variés d’une nouvelle à l’autre, ce que je trouve admirable. Et même si la manière de les faire évoluer manque parfois d’originalité, on sent que l’auteur a des messages à nous faire passer. Il nous propose de réfléchir à nos racines et à notre futur, à l’importance de la mémoire et de l’écriture, sur la valeur de la vie, sur les questions éthiques qui vont de pair avec les progrès technologiques et la recherche d’immortalité, ou encore la spiritualité au sens plus général.

Conclusion :
Tout cela se lit avec le plus grand plaisir.


A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les souvenirs
les carnets intimes
l’origine du monde
les conversations divines

SFFF & D. : item 18

Paolo Bacigalupi : La fille flûte et autres fragments de futurs brisés (Pump Six and Other Stories)

Ce que l’éditeur nous dit :
Recueil de onze nouvelles, La Fille-flûte et autres fragments de futurs brisés confirme que les possibilités de la science fiction sont aussi importantes sous forme courte que sous forme longue. L’auteur du best-seller international La Lille automate y concentre son regard autour de considérations sociales, politiques et environnementales, et on trouve là de magnifiques variations sur les thèmes qui deviendront centraux dans ses romans.
Presque toutes ces histoires ont été récompensées ou nominées pour les prix Nebula et Hugo, et la nouvelle «L’homme calorie» a remporté le prix Théodore Sturgeon.

Ce que j’en pense :
Ce recueil est absolument trop affreux et je n’ai aucune intention de relire à nouveau le moindre écrit réalisé par Paolo Bacigalupi. Il ne s’agit pas ici d’un manque de qualité dans son travail, bien au contraire. Le problème vient du fait que son univers est bien trop percutant, bien trop crédible, bien trop angoissant. Il met en scène de manière ultra efficace la décadence de la société humaine, imaginant des futurs où la science aurait permis aux corps d’atteindre des summums d’adaptation, pour finalement faire exalter dans toute son horreur la perversité, le narcissisme, l’indifférence. Dans la même période où je découvrais ce livre, j’ai regardé pour la première fois Shining de Stanley Kubrick, et bien j’ai trouvé ce film bien moins angoissant, moins dérangeant que La fille flûte et autres fragments de futurs brisés. C’est tout simplement trop pour moi et ne pas avoir eu le courage d’attaquer les dernières nouvelles de ce récit.

Conclusion :

Magistralement horrible, au-delà de mes propres limites.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
le sable
les fraises
l’eau

SFFF & D. : item 20

La fille flûte sur Amazon

 

Lisa Tuttle : Ainsi naissent les fantômes

Ce que l’éditeur nous dit :
Recueil de six textes fantastique inédits en France. Lisa Tuttle explore des thèmes, utilise des ambiances variées qui plongent le lecteur tour à tour dans la stupéfaction, la fascination, l’horreur, voire même, peut-être pour les plus sensibles, le malaise. Le lecteur trouvera dans l’interview qui clôt le recueil, réalisée à l’occasion de la présente publication, des éléments supplémentaires pour appréhender un auteur dont l’écriture et l’imagination ont fait parler d’elles et pourraient bien devraient, même recommencer à le faire.

Ce que j’en pense :
Sélectionnées et transposées en français par la prodigieuse Mélanie Fazi, ces six nouvelles m’ont complètement transportée. La traductrice nous raconte l’influence que Lisa Tuttle a eu sur son parcours d’écrivain et en effet  les univers de ces deux auteurs présentent de nombreuses similitudes. Toutes deux favorisent la présence de protagonistes féminins, des ambiances légèrement angoissantes, étranges, mais toujours empreintes de poésie et sans jamais tomber dans le glauque. Il m’a semblé que la française entrait plus pleinement dans le fantastique, mais toute deux se jouent avec beaucoup de subtilité de cette mince frontière entre la réalité et le surnaturel. Et le plus fou, c’est que les sujets traités par Lisa Tuttle sont finalement très réalistes, au travers de ses personnages si charnels, si imprévisibles, si complexes et si … humains. Avec elle le dénouement n’est jamais couru d’avance.

Conclusion :
Étrange, poétique et saisissant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les grottes
les déboires d’écrivain
la manipulation
le pouvoir de l’imagination

SFFF & D. : item19