Étiquette : russe

Recueil factice spécial challenge SFFF & Diversité

J’ai du mal à expliquer clairement pourquoi, mais je constate que ces derniers temps j’ai plus de mal à trouver des livres que j’ai vraiment envie de lire jusqu’au bout. J’ai particulièrement rencontré cette problématique alors que j’essayais de relever le Challenge SFFF & Diversité. Il faut dire que la date de fin arrive à grands pas et peut-être que je me “force” à démarrer des bouquins, alors que je ne suis pas dans la meilleure disposition pour les lire. Peut-être que ces temps-ci je ne suis pas “en mode SFFF”. Peut-être que je n’ai pas eu de chance, ou bien que je deviens plus exigeante que par le passé. Ce qui est certain, c’est que je n’ai jamais pu m’obliger à terminer des bouquins qui ne m’emballaient pas (après avoir vraiment essayé hein, pas après deux pages). Il y en a tant d’autres qui attendent d’être lu, que ce ne serait qu’une perte de temps et d’énergie.
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Fiodor Dostoïevski : Le double (Двойник)

Ce que l’éditeur nous dit :
Le héros de notre récit entra tout hagard dans son logement ; sans quitter ni manteau ni chapeau, il traversa le couloir et, comme frappé de la foudre, s’arrêta sur le seuil de sa chambre. L’inconnu était assis devant lui, en manteau et chapeau lui aussi, sur son propre lit, souriant légèrement, et, clignant un peu des yeux, il le saluait amicalement de la tête. M. Goliadkine voulut crier mais ne put et il se laissa tomber sur une chaise presque évanoui d’épouvante. Et à vrai dire, il y avait de quoi. M. Goliadkine avait tout à fait reconnu son nocturne compagnon qui n’était autre que lui-même, M. Goliadkine, mais tout à fait identique à lui-même ; en un mot ce qui s’appelle son double sous tous les rapports…

Ce que j’en pense :
Le problème des précurseurs, c’est que leurs idées sont largement reprises, au point d’en devenir banales. C’est peut être ce qui s’est passé pour cette oeuvre de Dostoïevski, auteur reconnu pour sa large influence littéraire, que j’ai trouvé particulièrement prévisible, donc ennuyeuse. A noter également qu’il s’agit du second livre publié par Dostoïevski (sur une oeuvre d’une quinzaine de romans et bien plus de nouvelles), donc certainement pas le plus abouti. Je ne remets pas en cause l’écriture, assez intéressante, même si je dois préciser que ma lecture s’est trouvée grandement facilitée lorsque l’une de mes connaissances m’a expliqué la construction des patronymes russes. J’ai également appris il y a peu de temps que le fait de se justifier était un travers particulièrement déconsidéré en Russie, alors que c’est précisément ce que le personnage principal passe son temps à faire. Ces quelques clés de compréhension m’auront en tout cas donné envie d’explorer plus amplement la littérature de ce pays.

Conclusion :
Pas convaincue par le livre, mais pas découragée par l’auteur.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
– l’administration
– les invitations
– les domestiques
– les fortunes

Yuri Grigorovich : La Bayadère (Pathé Live)

Ce qu’il faut savoir/synopsis :
En direct du Théâtre du Bolchoï.
Ballet en trois actes, chorégraphié par Marius Petipa sur une musique de Léon Minkus
Œuvre-phare de Marius Petipa, La Bayadère fut créée au Grand Théâtre de Saint-Pétersbourg en 1877 dans une mise en scène grandiose qui dévoilait, dans une Inde de mystères, les amours impossibles de la danseuse sacrée Nikiya et du guerrier Solor. Pièce majeure de la tradition russe, le ballet est cependant resté longtemps inconnu en Occident.

Ce que j’en pense :
J’avais déjà vu la Bayadère “en vrai” à l’Opéra Garnier il y a deux ans. L’idée d’assister à ce type de présentation via un écran géant m’avais toujours parue farfelue, mais lorsque l’occasion s’est présentée à moi la curiosité l’a emporté.
Effectivement, ce mode présente certains avantages, comme le fait d’avoir une très bonne visibilité (qui est le gros point faible du palais Garnier lorsque l’on assit n’importe où ailleurs qu’au premier rang). Mais cela n’est il pas également un inconvénient, lorsqu’au lieu d’admirer la seule grâce des danseurs, on ne peut plus ignorer la maigreur maladive de certains d’entre eux ?
Il a le bien sûr fait que l’on ne soit plus libre de regarder où on le souhaite. La caméra nous guide vers les moments incontournables, nous permet d’admirer les jeux d’expressions. Mais le charme est loin lors des scènes mettant en actions de nombreux danseurs en simultanés (généralement celles que j’adule le plus), qui se traduisent au cinéma  par un plan large et fixe. Bref pareil mais en moins bien.
Je suis assez mitigée sur les plus apportés par l’écran. Il est intéressant d’avoir une présentatrice qui apporte quelques points de détails sur l’oeuvre (même si pas tant que ça, le temps de tout répéter en russe, français et anglais). Au début de chaque acte, un court texte défile pour nous résumer l’histoire à venir : je me demande si cela est bien nécessaire alors que le suspense contenu dans un ballet est déjà quasi nul….
Au final je ne regrette pas cette expérience et comprend qu’elle puisse convenir à certain, mais je trouve qu’elle ne remplace pas le live, loin de là.

Conclusion :
Quand à la Bayadère, c’est toujours aussi chouette !

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
– les serpents
– le feu
– les jarres
– les éléphants

Andreï Kourkov : Le Pingouin

Ce que l’éditeur nous dit :
A Kiev, Victor Zolotarev, journaliste au chômage, et son pingouin dépressif Micha, rescapé du zoo, tentent péniblement de survivre. Lorsque le patron d’un grand quotidien offre à Victor d’écrire les nécrologies de personnalités pourtant bien en vie, celui-ci saute sur l’occasion. Mais un beau jour, ces « petites croix » se mettent à disparaître à une vitesse alarmante… Crimes commandités par la mafia ou règlements de comptes politiques ? 

Ce que j’en pense :
Alors en séjour dans la Sibérie, j’ai voulu en savoir plus sur l’univers Russe (manque de bol Andreï Kourkov vit en Ukraine, mais on va dire que ça compte).
Voici une comparaison rapide du bouquin avec mon expérience personnelle. Le lac Baïkal, limpide et ensoleillé un jour, blanc de glace de lendemain, m’a parfaitement permit d’imaginer un pingouin en train de prendre un bain rafraîchissant. Les personnages du bouquin passent leur temps à boire des litres d’alcool. Dans le village où j’étais, se trouvent deux mini supérettes, dont la surface se répartit entre 1/3 de nourritures et 2/3 de bouteilles (j’ai rarement vu autant de choix). Il semble donc que les “priorités” des russes soient les mêmes partout. Par contre, contrairement à l’ambiance de corruption et de méfaits qui rôde dans Le Pingouin, les autochtones que j’ai rencontrés étaient globalement très sympathiques.
Après tout ça, je ne saurais toujours pas dire si j’ai aimé cette lecture ou non. L’atmosphère est très faussement calme, difficile à saisir. Elle m’a un peu fait penser à  celle que l’on retrouve dans certain livres d’Amélie Nothomb, qui peut décrire des “horreurs” sur un ton de “normalités”, avec ce même type de fin qui laisse un peu perplexe. On ne s’attache pas vraiment aux personnages, l’histoire n’est pas si palpitante, mais les pages s’enchaînent bien…

Conclusion :
Bref, je n’ai pas d’opinion.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
– les maisons secondaires
– les baignoires
– les pommes de terre

Isaac Asimov : L’homme bicentenaire

Ce que l’éditeur nous dit :
Andrew est un robot comme les autres. Comme les autres, vraiment ? Pas tout à fait. Il est même si singulier qu’il a décidé de devenir libre, malgré les Trois Lois de la Robotique et contre l’opinion de la majorité des êtres humains. Andrew ne sait pas qu’il vient de s’engager dans une lutte qui va changer l’histoire de la robotique, des robots et de l’humanité elle-même.

 

Ce que j’en pense :
Un jour j’ai commencé à lire le cycle Fondation. Et puis les sauts dans le temps répétés m’ont agacés, surtout par le caractère très géopolitique de l’histoire, alors que je préfère généralement le spécifique, et j’ai arrêté. Mais comme je ne pouvais pas passer toute ma vie à côté de cet auteur, et il a bien fallu lui donner une seconde chance.
Niveau spécifique, cette fois, j’ai été servie. Un peu trop même. Le début est très emballant. Les idées sont là. Le style d’écriture est agréable et capte rapidement. L’univers et son évolution sont très intéressants, et il n’est pas surprenant que cette histoire ai fait l’objet d’une adaptation cinématographique. Le problème est que l’idée de départ est un peu trop poussée, voire étirée et proche de casser. Passées les 150 pages, on voit clairement où veut en venir l’auteur, et tout ce qui suit est trop prévisible et surtout répétitif, devenant presque pénible à lire. De même l’aspect philosophique et les questions soulevées quand à « la condition humaine », au départ très bien amenées, sont par la suite perdue dans cette course inéxorable vers ce qui doit arriver. L’homme bicentenaire, ne comptant pourtant que 284 pages, aurait largement gagné à être raccourci.

Conclusion :
Asimov remonte dans mon estime, mais pas tant que ça.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
– la mer
– le droit
– le bois
– les voyages