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Mamoru Hosoda : Le garçon et la bête (バケモノの子, Bakemono no ko)

Ce que le synopsis nous dit :
Shibuya, le monde des humains, et Jutengai, le monde des Bêtes… C’est l’histoire d’un garçon solitaire et d’une Bête seule, qui vivent chacun dans deux mondes séparés. Un jour, le garçon se perd dans le monde des Bêtes où il devient le disciple de la Bête Kumatetsu qui lui donne le nom de Kyuta. Cette rencontre fortuite est le début d’une aventure qui dépasse l’imaginaire…

Ce que j’en pense :
La première chose qui m’a marquée dans ce film est le mélange des styles : certains décors sont si réalistes qu’on dirait des photos retravaillées, tandis qu’à d’autres moments les aplats évoquent plutôt les dessins “à l’ancienne”, le tout étant parfois édulcoré d’une touche électrique et lumineuse dans laquelle on voit clairement l’utilisation du numérique. Étrangement cette combinaison fonctionne bien, une fois dépassée la surprise.
J’ai beaucoup aimé l’histoire, qui m’a parue pertinente et intéressante alors que je m’attendais à quelque chose de très convenu. Les personnages sont bien travaillés (j’ai en particulier apprécié les interventions du seigneur de la ville), le fond est là et les références nombreuses. Pour alléger la durée globale, il aurait peut-être fallu faire l’impasse sur certains sujets, mais au final cela ne m’a pas dérangée. Et surtout j’ai  souvent ri durant cette séance, une des raisons pour lesquelles j’en suis ressortie de bonne humeur.


Conclusion :
Une histoire, de l’humour, un conte qui se regarde avec plaisir.


A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les carottes
les oeufs
les cornes
les poils

Rosa B : Insolente veggie – une végétarienne très très méchante

Ce que l’éditeur nous dit :
Le fameux cri de la carotte, vous connaissez ? Découvrez l’humour incisif d’insolente veggie, cette végétalienne aussi drôle que méchante en laquelle chaque végétarien et vegan se reconnaîtra ! Des péripéties culinaires au militantisme, plus de 50 histoires pour rire, s’indigner et réfléchir !

Ce que j’en pense :
Je n’irais pas jusqu’à dire qu’Insolente veggie est méchante, même si oui, il s’agit du modèle super engagé de la végétalienne, celle que les carnistes peuvent traiter “d’extrémiste”. Justement, la BD qui se penche sur la définition de ce mot est l’une des meilleures du recueil, j’ajouterais donc “pertinente” à sa liste de qualificatifs. Si l’ensemble est de qualité inégale, et que certains points sont redondants, je ne peux que saluer la démarche. On sent brûler en arrière plan toute la fureur de Rosa B, son profond engagement personnel envers la cause animale, son désarroi face à ce long chemin restant à parcourir. Ce qui aurait pu être vindicatif, ici abordé sous forme d’humour, se veut accessible au commun des mortels. Elle pointe du doigt toute l’ironie, voire l’hypocrisie, qui règnent autour de l’exploitation du vivant, sans attaquer personne directement. Parfois dérangeant, souvent drôle, Insolente veggie est à mettre en toutes les mains, celles des convaincus comme celles des plus indifférents (on peut aussi visiter son blog).

Conclusion :
Une BD originale, un sujet qui me parait important abordé de manière pertinente.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les substituts d’oeuf
les trucs mignons
l’extrémisme
les listes

Peter Ramsey : Les Cinq légendes (Rise of the Guardians)

Ce que le synopsis nous dit :
L’aventure d’un groupe de héros, tous doués de pouvoirs extraordinaires. Emmenées par Jack Frost, un adolescent rebelle et ingénieux, ces cinq légendes vont devoir, pour la première fois, unir leurs forces pour protéger les espoirs, les rêves et l’imaginaire de tous les enfants.

Ce que j’en pense :
Peter Ramsey ne se prive pas d’utiliser les clés de succès habituelles pour ce type de film, avec phases classiques de déni, obligation, rejet puis finalement acceptation du personnage principal envers le reste des protagonistes. De même, l’émotion se trouve pile poil là où on l’attend. Et donc sans surprise, cela fonctionne plutôt bien.
Ce qui n’empêche en rien la magie de noël d’être bien présente. Ce Père Noël russe tatoué absolument formidable (pour ne citer que lui) vaut largement le détour. Ce sont d’ailleurs les 30 premières minutes du film, durant lesquelles l’univers se dévoile, qui m’ont le plus émerveillées. Au niveau graphisme j’ai eu un blocage sur les lèvres de Jack Frost, que je trouve bizarrement collées sur son visage. Pour le reste rien à dire, si ce n’est souligner la toute beauté du sable magique et ou celle du givre. Bref, c’est noël, tout le monde est heureux. 

Conclusion :
Noël c’est vraiment trop choupinou !

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
– les œufs
– le fil dentaire
– les pinceaux
– les nuages

A.J. Jacobs : L’année où j’ai vécu selon la Bible (The year of living biblically)

Ce que l’éditeur nous dit :
Ne vous y trompez pas : A. J. Jacobs n’est pas un religieux. C’est un juif new-yorkais tout ce qu’il y a de plus laïque qui, au départ de cette aventure, ne sait pas grand-chose de la Bible. Mais frappé par la résurgence de la foi et le nombre croissant d’Américains déclarant prendre les Ecritures au pied de la lettre, il s’est mis à douter. Serait-il possible qu’il passe à côté d’une expérience humaine essentielle ? Pour en avoir le coeur net, il va lire la Bible et tenter de la suivre aussi littéralement que possible. Observer les dix commandements. Aimer son prochain. Mais aussi ne pas se raser les coins de la barbe, jouer de la harpe à dix cordes, lapider les adultères, dire la vérité en toute circonstance… au grand dam de ses proches. Empreint de respect autant que d’irrévérence, le voyage spirituel qui découle de cette expérience et des rencontres qui la jalonnent est à la fois drôle et profond, personnel et universel. Que vous soyez croyant, agnostique ou athée, il pourrait bien changer votre regard sur le livre le plus influent de l’Histoire.

Ce que j’en pense :
Complètement euphorisée par ma lecture précédente, j’ai décidé de remettre le couvert avec un nouveau sujet de société : la religion. Tout aussi intéressant, même si l’auteur souffre un peu de la comparaison avec Coline Beavan. Car je pense personnellement qu’A.J. Jacobs est, disons psychologiquement moins stable que son confrère (que ce soit dans sa relation avec son fils, sa femme, ou bien les microbes par exemple). Par contre, le gros point fort réside dans les nombreuses rencontres qu’il va faire au cours de cette année, toutes plus épatantes les unes que les autres.
J’imagine que l’on peut aborder cette lecture de bien des manières. Pour ma part, deux grandes réflexions en ressortent :
Tout d’abord, que la bible (et donc par extension la Religion) est à la fois faillible et universelle. On peut y trouver tout et son contraire, du « meilleur » au plus farfelu. Entre les décodages au premier degré et les mille et une interprétation que l’on peut en faire, tout est possible, tout a déjà été écrit. Je pourrais par exemple décréter que les extra-terrestres existent en m’appuyant sur la bible, car je suis sûre que je trouverai forcément quelque part un passage qui étaye cette théorie.  Il n’existe donc personne sur cette Terre, pas même le plus dévoué des  pratiquants, qui puisse affirmer sans mentir qu’il suit « toutes les règles ». Pas possible. Cela confirme donc ma propre théorie que la religion est à disposition de chacun pour en faire sa propre mixture (c’est ainsi que l’on peut avoir été baptisé et ne pas manger de porc et que le monde continue de tourner pour autant :D).
La seconde est précisément de réaliser (ou se remémorer) le mode de pensée si unique de chacun. Je fais ici référence aux innombrables courants religieux qui existent. Parmi ceux cités dans ce livre, ce sont les créationnistes qui gagnent haut la main la manière la plus éloignée de penser de la mienne. Le fait que cette église, avec autant de moyens et d’adhérents, existe,  est déjà  absolument fascinant. J’imagine que la plupart d’entre nous fréquente d’autres personnes « qui leur ressemblent », et encore sans être toujours d’accord sur tout. Ici, A. J. Jacobs nous fait rencontrer plein « d’autres » groupes, avec chacun sa propre logique, voire en contradiction pure et dure les uns avec les autres, alors qu’à la base ils ont lu le même livre. Je trouve que cela donne à réfléchir sur l’ouverture d’esprit que l’on devrait essayer d’avoir pour être « plus en accord et en acceptation avec le monde » (amen).

Conclusion :
A lire, pour la culture générale autant que pour la réflexion.
Retrouvez L’année où j’ai vécu selon la Bible sur Amazon

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les œufs
les magiciens
les petits cailloux
les dinosaures

 

George R.R. Martin : Le Trône de fer l’Intégrale, Tome 1

Ce que l’éditeur nous dit :
Le royaume des sept couronnes est sur le point de connaître son plus terrible hiver : par-delà le mur qui garde sa frontière nord, une armée de ténèbres se lève, menaçant de tout détruire sur son passage. Mais il en faut plus pour refroidir les ardeurs des rois, des reines, des chevaliers et des renégats qui se disputent le trône de fer, tous les coups sont permis, et seuls les plus forts, ou les plus retors s’en sortiront indemnes…

Ce que j’en pense :
D’habitude, j’attends d’avoir lu une série dans son ensemble avant d’en faire tout commentaire. Mais George R.R. Martin n’ayant toujours pas fini d’écrire celle-ci, et comme il semble qu’on puisse attendre encore longtemps, j’ai décidé de faire une exception.
A ma décharge (car je sais d’avance que mon avis pas si positif ira à l’encontre de l’avis de nombreux fans inconditionnels) j’ai commencé ce livre avec beaucoup d’expectatives (influencée par les éloges sans fin des dits-fans), et comme souvent dans ces cas-là j’ai été déçue.
Oui l’écriture est fluide et se lit plutôt bien (heureusement je dirais). Mais j’ai découvert des personnages très caricaturaux (celui de Tyrion, plus difficile à cerner, faisant exception), aux réactions plus que prévisibles. A tel point qu’après 40 pages, j’avais déjà deviné (à 90% avec justesse) ce qui allait arriver à qui, et même qui allait mourir avant la fin du tome. Donc pour l’originalité et l’effet de surprise, bof on repassera. Pas de révolution non concernant l’univers, du moyenâgeux tout à fait classique (si l’on fait abstraction de quelques arbres et animaux « inventés » et encore les descriptions en sont très survolés. D’ici là qu’il faudrait inventer quoi que ce soit, autant s’épargner cette peine). Quant à l’intrigue… et bien arrivé à 200 pages de la fin j’ai dû faire une pause et lire autre chose.
Là j’ai eu le malheur de regarder l’adaptation en série (Game of Thrones), en me disant que l’envie reviendrait. Cela n’a pas vraiment marché, notamment à cause d’un casting déplorable. Mise en images va toujours de pair avec quelques modifications et prises de raccourcis. C’est normal. Et je veux bien qu’engager de très jeunes acteurs soit compliqué. Mais là quand même, faire jouer un enfant de 14 ans par un homme à la barbe bien fournie en paraissant 24, il ne faut pas exagérer. Ou comment réduire en miettes les quelques bribes de crédibilité de la série.
Et puis j’ai quand même repris et achevé ma lecture. Et je dois bien avouer que vers la fin, quelques événements sont inattendus et peuvent laisser présager une plus intéressante suite des événements, notamment du côté de chez Daenerys (l’ultime chapitre part même un peu dans le n’importe quoi). Bref un sentiment général de mouai ça se lit, même si ce n’est pas révolutionnaire, avec une once d’espoir que la suite me fasse changer d’avis.

Conclusion :
Je vais poursuivre, au moins pour ne pas mourir idiote.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
–    Les œufs
–    La forêt
–    L’été
–    L’habillement

Eric Toledano et Olivier Nakache : Intouchables

Ce que dit le synopsis :
A la suite d’un accident de parapente, Philippe, riche aristocrate, engage comme aide à domicile Driss, un jeune de banlieue tout juste sorti de prison. Bref la personne la moins adaptée pour le job. Ensemble ils vont faire cohabiter Vivaldi et Earth Wind and Fire, le verbe et la vanne, les costumes et les bas de survêtement… Deux univers vont se télescoper, s’apprivoiser, pour donner naissance à une amitié aussi dingue, drôle et forte qu’inattendue, une relation unique qui fera des étincelles et qui les rendra… Intouchables..

Ce que j’en pense :
Il a fallu s’y reprendre à plusieurs fois, arriver en avance et faire la queue, avant d’obtenir le droit d’à son tour voir ce film pour lequel les spectateurs se bousculent. Ayant finalement passé un excellent moment, je comprend totalement cet engouement général.
Intouchables est un vraie comédie, très drôle, haute en couleur et originale. Loin de se contenter des plaisanteries habituelles et évitant la plupart du temps la facilité (certaines situations sont tout de même assez “convenues”, telle que la scène de la “bataille musicale”), Eric Toledona et Olivier Nakache ont su donner de la profondeur à ce divertissement. S’attaquant sans complexes aux sujets tabous, ils s’en sortent à merveille, sans jamais tomber dans le grossier, le condescendant et surtout (grande prouesse) évitant toute forme d’apitoiement envers les personnages.
Est il vraiment nécessaire de parler du jeu d’acteur, alors qu’Omar Sy n’a jamais été aussi présent dans la presse ? Si ce dernier est fantastique dans un rôle qui lui va comme un gant, François Cluzet se révèle tout aussi bluffant dans une prestation pourtant très contraignante. Le duo formé est excellent, mais sans sans compter sur l’appuie d’une jolie flopée de personnages secondaires.

Conclusion :
Réservez votre billet en avance et allez le voir.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
– l’art
– le chocolat
– les oeufs
– la publicité