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Margaret Atwood : La Servante écarlate (The Handmaid’s Tale)

La_servante_ecarlateCe que l’éditeur nous dit :
La « servante écarlate » c’est Defred, une entreprise de salubrité publique à elle seule. En ces temps de dénatalité galopante, elle doit mettre au service de la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, son attribut le plus précieux: sa matrice. Vêtue d’écarlate, elle accomplit sa tâche comme une somnambule, et le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, d’échanger des confidences, de dépenser de l’argent, d’avoir un travail, un nom, des amants… Doit-elle céder à la révolte, tenter de corrompre le système?Romancière, poète et essayiste, Margaret Atwood est un « grand écrivain » mais aussi, à plus d’un égard, un personnage qui fascine. « La Servante écarlate », cette « utopie négative » qui n’est pas sans rappeler « 1984 » d’Orwell, reste l’un de ses hauts faits d’armes dans le combat qu’elle a mené et continue de mener pour la femme.

Ce que j’en pense :
Si le roman est concentré sur la condition des femmes, puisque conté par l’une d’entre elles, je ne le qualifierai pas de purement féministe. Les hommes de cette société y sont tout autant soumis aux contraintes de la dictature, même si de manière plus ou moins drastique en fonction du rang social de chacun.
Bizarrement les différents éléments de dictât qui y sont décrits, m’ont pas plus choquée que ça. La manière de les décrire paraît si lointaine et détachée que je ne me suis pas vraiment sentie concernée. D’ailleurs, bien peu d’éléments de contextes nous sont fournis, sur la manière donc cette société s’est retrouvée dans cette situation.
Tous les sentiments de l’héroïne quant à la solitude sont bien plus présents, tandis que l’on suit ses pensées, qu’elle tente presque désespérément de s’occuper l’esprit avec des récits passés (qui sont également sources de douleurs, car terminés, voire tristes), qu’elle s’accroche aux détails du présent.
Le tout dernier chapitre, tout à fait inattendu, vient ajouter une vraie touche d’originalité, une sorte de nouvelle perspective à l’ensemble, qui fait que je ne suis pas sentie frustrée par l’absence de bien des réponses (lui-même n’en donne pas vraiment à y regarder de plus près).

Conclusion :logo-diversitC3A9-petit-1
Un roman qui se lit bien, mais qui ne m’aura pas bouleversée malgré la dureté de son sujet.

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SFFF & D. : item 5

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Simone de Beauvoir : La femme rompue

Ce que l’éditeur nous dit :
Quatrième de couverture:
«- Dis-moi pourquoi tu rentres si tard.
Il n’a rien répondu.
– Vous avez bu ? Joué au poker ? Vous êtes sortis ? Tu as oublié l’heure ?
Il continuait à se taire, avec une espèce d’insistance, en faisant tourner son verre entre ses doigts. J’ai jeté par hasard des mots absurdes pour le faire sortir de ses gonds et lui arracher une explication :
– Qu’est-ce qui se passe ? Il y a une femme dans ta vie ?
Sans me quitter des yeux, il a dit :
– Oui, Monique, il y a une femme dans ma vie.»

Ce que j’en pense :
Recueil de trois nouvelles consacrées à des femmes blessées, je retiendrai de ce livre l’incroyable capacité de l’auteur à adapter sa plume en fonction des émotions qu’elle veut communiquer.

Dans la première, elle y décrit une femme déçue par son mari, déçue par son fils et finalement par elle-même. J’ai été très surprise de voir naître de la plume de Beauvoir un personnage ayant si peu de recul sur lui-même, rejetant toute responsabilité. Le processus était intéressant.

S’en suit un monologue, que je n’ai pas été capable de lire dans son intégralité tant le ton était violent et haineux, sans aucun filtre. La jeune fille rangée est bien loin de ce texte.

Mais c’est cette femme rompue qui m’aura le plus marquée. Au fil des pages, on ne sait s’il faut la condamner, la prendre en pitié, ou les deux. On est tantôt saisi de sympathie pour ce personnage trahi par l’homme de sa vie et malmené par les évènements, tantôt on le condamne pour se laisser ainsi berner et accepter si passivement les douleurs qui lui sont infligées. Constamment, Monique se ment à elle-même, tour à tour s’enfonce dans la culpabilité puis dans l’accusation. Pleine de courage, elle cherche désespérément la porte de sortie, sans avoir tout à fait la force de la franchir, face à ce mari plus lâche qu’elle encore. Maurice ne veut pas la blesser, Maurice ne veut pas la perdre, Maurice ne veut surtout pas prendre de décision et encore moins lui dire ce qu’il pense vraiment, car pour cela il lui faudrait déjà être franc avec lui-même. Alors Monique cherche des explications, fait des suppositions et harcèle de questions son entourage, alors que les réponses ne se trouvent que la tête de l’homme qu’elle aime et surtout en sa propre âme et conscience. Elle se morfond, elle souffre, elle se reprend en main et se fait la promesse d’être plus forte, elle craque, elle se ressaisie. Monique est tellement humaine.

Conclusion :
Une recueil saisissant, qui retranscrit admirablement les combats intérieurs.

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