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Nathalie Stragier : Ne ramenez jamais une fille du futur chez vous

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crédit photo : http://110livres.blogspot.fr/

Ce que l’éditeur nous dit :

Ne ramenez jamais une fille du futur chez vous…
… parce que pour elle, votre monde ressemble au Moyen ge.
… parce qu’elle sera envahissante, agaçante, imprévisible.
… mais surtout, parce qu’elle détient un secret terrible. Et c’est à vous qu’elle va le confier.

Ce que j’en pense :

Du bon et du moins bon dans ce roman de 432 pages. Dans ce qui cloche, vient en première position le style, franchement pas terrible. Nathalie Stragier a beau essayer de nous faire croire qu’elle vise un public adolescent, adopter un ton adapté ne justifie pas une écriture brouillonne et peu agréable à lire. Au contraire, car si de jeunes personnes lisent effectivement son travail, celles-ci pourraient être influencées par ce style. A l’heure où toute une génération dépérit à coup de textos, d’abréviation et d’absence de correction d’orthographe, les auteurs ont une véritable responsabilité quant à fournir un contenu correct ! Bon d’accord, il n’y a pas mort d’homme et j’exagère légèrement, mais quand même ! En second vient l’histoire, qui se lit rapidement, mais comporte également des maladresses. J’ai plus d’une fois eu le sentiment que Nathalie Stragier faisait du remplissage, sans toujours savoir là où elle souhaitait nous emmener. Enfin, il est dommage que seule l’héroïne, Andréa, soit vraiment développée, car on sent du potentiel dans son entourage.
Et justement, ce qui réussit c’est la manière dont sont retranscrits le quotidien et les préoccupations des lycéens. On y trouve de véritables références à une époque (comme les animaux de compagnies dénommés d’après des personnages de mangas), et des mécanismes réalistes : en tant qu’adolescente ingrate, Andréa n’hésite pas à essayer de manipuler son père pour arriver à ses fins, tout en culpabilisant de lui mentir, par exemple.
Mais bien sûr c’est tout l’aspect féministe qui constitue l’apothéose de La fille du futur, sous couvert d’une Pénélope au regard critique sur notre société, nous pointe du doigt avec beaucoup d’humour et de justesse toutes les incohérences, les inégalités et les injustices qui existent aujourd’hui entre les hommes et les femmes. Ainsi ces réflexions, sans jamais être amenées de manière agressives, sont bel et bien là, à bon entendeur…
J’ai appris en préparant cet article que cet ouvrage était le premier d’une trilogie. Si on peut arrêter là la lecture sans être frustré, une véritable fin nous étant proposée, je me laisserai peut-être tentée par la suite à l’occasion.

Conclusion :

Une écriture à améliorer mais des messages de fond savamment amenés.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :

les sèche-cheveux
les maillots de bain
la spéléologie
le pass interrail

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Bertrand Fichou : Au secours, Crapounette !

Ce que le synopsis nous dit :
Aimé, premier de la classe à l’école préhistorique, est désespéré, il a eu la plus mauvaise note au contrôle de noeuds de lianes. Aimé a peur de la réaction de ses parents.

Ce que j’en pense :
Depuis quelques semaines, j’ai la chance de bénéficier sur mon lieu de travail, d’une bibliothèque d’échange de livres, où l’on peut prendre et déposer à volonté (une raison de plus pour laquelle j’adore mon boulot !). Et là surprise, parmi un tas de J’aime Lire, se cachait une nouvelle à caractère préhistorique ! Suivant l’exemple de Vert, j’ai donc fait un voyage dans le passé, redécouvrant cette collection qui a plus d’une fois fait le bonheur de l’enfant que j’étais. Le plus drôle est de constater qu’en plus de 15 ans le format est resté identique, tels que Tom-Tom et Nana, toujours fidèles au rendez-vous en dernière page !
Pour ce qui est de l’histoire à proprement parler, il m’est assez difficile de juger car cela m’aurait de toute façon amusée. J’ai cru comprendre que Crapounette et l’école préhistorique font l’objet d’apparitions récurrentes dans la collection. Pas vraiment de morale dans la conclusion, juste des “aventures” distrayantes, et un certaine idée de “l’intemporalité de l’apprentissage”. Et j’ai bien aimé le concept de la hyène de compagnie.

Conclusion :
Double voyage dans le passé.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
– les filets
– les marquages au sol
– les hyènes
– les arbres

La Musardine (collectif) : Osez… 20 histoires de voyeurs et d’exhibitionnistes et 20 histoires de chasseuses d’hommes

Ce que l’éditeur nous dit :
Qui n’a jamais rêvé de s’exhiber ?
Vous aimez mater votre voisin ou votre voisine d’en face ? À moins que vous ne préfériez vous exhiber devant vos fenêtres ? Dans un cas comme dans l’autre ce livre est fait pour vous ! Plus inspirées que jamais, les plumes de la collection « Osez 20 histoires » ont en effet exploré toutes les situations possibles : femme qui drague des amants de passage dans le seul plaisir de s’exhiber avec eux devant son voisin, couple qui découvre un système de vidéo surveillance dans une maison de location et décide de s’amuser un peu, femme esseulée amoureuse de sa voisine qu’elle photographie en compagnie de ses amants, couple qui découvre les joies de l’exhibitionnisme à l’occasion d’un flagrant délit de fellation sur un parking d’autoroute… De pages en pages, les auteurs de ces vingt nouvelles érotiques exhiberont leurs fantasmes les plus inavouables pour votre plus grand plaisir voyeur.
Quand les femmes deviennent prédatrices
Les filles qui se laissent draguer passivement en laissant prendre toutes les initiatives aux hommes, c’est du passé ! Tour à tour Lolita délurée en quête de son Humbert, hôtesse de l’air dans une compagnie aérienne de luxe résolue à croquer du milliardaire, cougar obsédée par le meilleur ami de son propre fils, analysante narcissique qui met tout en oeuvre pour conquérir son psy, dans Osez 20 histoires de chasseuses d’hommes, les femmes se font prédatrices… et parviennent souvent à leurs fins ! Au grand plaisir de leurs proies masculines, qui contrairement aux préjugés, adorent être chassés…

Ce que j’en pense :
Moi qui répugne à la seule idée d’ouvrir un roman du type Harlequin (car soyons honnête, l’Harlequin n’est ni plus ni moins que du roman érotique déguisé/caché sous de la mièvrerie), je ne pensais pas un jour lire de mon plein gré un deux recueils de nouvelles coquines. Comme quoi tout peut arriver ! Pour moi tout a commencé le jour où l’une de mes amies fut publiée (et non il ne s’agit pas d’une fille bizarre, mais bel et bien d’une personne merveilleuse). La curiosité m’a donc poussé à découvrir ses textes… puis à poursuivre sur celles des autres écrivains. Car au final j’ai bien aimé. Je suis toujours autant fascinée (je l’ai sûrement déjà dis plusieurs fois dans ce blog), sur les milles et unes idées qui peuvent surgir selon les personnes à partir d’une thématique de départ identique. La conception même de l’érotisme recouvre à elle seule bien des variantes, de la passion suggérée au carrément trash. La palette de synonymes et expressions qui peuvent exister, pour au final décrire la même chose, montre l’infini des possibles de l’imagination. Vraiment fascinant.
Pour terminer j’ai trouvé les textes globalement de bonne qualité. Alors que je m’attendais à de la littérature de bas étage, il s’y trouve étonnement de bonnes idées. Un excellent moyen pour les écrivains en herbe de s’exercer!
Et puis Maïa est bien la preuve que “sexe” peut rimer avec “qualité” !

Conclusion :
Une bonne surprise !

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
– les dominos
– les sites internet
– les vacances d’été
– les petits jeunes

Marguerite Yourcenar : Mémoires d’Hadrien

Ce que l’éditeur nous en dit :
Marguerite Yourcenar trouva un jour cette phrase, dans la Correspondance de Flaubert :  » Les dieux n’étant plus, et le Christ n’étant pas encore, il y a eu, de Cicéron à Marc, Aurèle, un moment unique où l’homme seul a été.  » Et l’auteur de Mémoires d’Hadrien ajoute :  » Une grande partie de ma vie allait se passer à essayer de définir, puis à peindre, cet homme seul et d’ailleurs relié à tout.  » Traduit dans seize langues, salué par la presse du monde entier, Mémoires d’Hadrien n’a jamais cessé, depuis sa publication en 1951, d’entraîner de nouveaux lecteurs vers cet empereur du IIe siècle,  » cet homme presque sage  » qui fut, en même temps qu’un initiateur des temps nouveaux, l’un des derniers libres esprits de l’Antiquité.

Ce que j’en pense :
J’ai arrêté cette lecture aux environs du quart du livre. Non pas parce que je ne l »ai pas aimée, bien au contraire, mais tout simplement parce que je me sens pas prête à l’apprécier à sa juste valeur.
Ce livre est une véritable réflexion philosophique sur la vie, ce qu’elle apporte, ce qu’elle retire. Hadrien, écrit à la 1ère personne, à la veille de sa mort, et repense à tous ceux qu’il a été. Car au cours de sa vie, une personne change et évolue. Sa vision de soi et des autres, ses opinions également, en fonctions des rencontres, des expériences, etc.
Et c’est exactement ce que Marguerite Yourcenar écrit, dans un style particulièrement soutenu.
Je m’attendais à découvrir l’histoire (romancée) de cet empereur romain, à la manière d’un Max Gallo ou d’un Maurice Druon.
Mais ici les éléments sont survolés, ne sont que prétextes. Il faudrait s’arrêter et réfléchir à la fin de chaque page, ce que je n’ai pas réussi à faire.
J’ai donc choisi de refermer le livre. Mais je pense que je l’ouvrirai à nouveau dans quelques années…

En conclusion :
Rendez vous dans 30 ans.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
–  La jeunesse
–  La vieillesse
–  Le latin