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Timothée Rey : Les souffles ne laissent pas de traces (extraits)

Ce que l’éditeur nous dit :
Deux courtes nouvelles, une enquête de N’a-Qu’un-Œil, chamane-détective, et un conte autour du feu, dans l’univers du polar préhistorique Les Souffles ne laissent pas de traces de Timothée Rey.

Ce que j’en pense :
Les Griffes du Grogneur
Première des deux nouvelles que j’ai lues, c’est également celle qui présente le moins d’intérêt. Elle n’en est pas complètement exempte pour autant, trouvant son originalité dans ce Sherlock Holmes des temps anciens, qu’on imaginerait bien avec une pipe au bec si seulement celles-ci avaient déjà été inventées. Cela n’empêche pourtant pas l’utilisation de concepts tels que l’enquête ou la préméditation, qui paraissent déjà tenir de l’achronie (mais après tout on en sait rien du tout). Ajoutons à cela une flopée de prénoms en pagaille, tous plus farfelus, composés, et difficiles à cerner les uns que les autres. J’ai eu du mal à saisir les choix faits pour la plupart de ces derniers, mais cela reste amusant. Et malgré tout ça j’étais tout de même contente que la nouvelle s’achève au bout de 10 pages, longueur au –delà de laquelle j’aurais pu laisser cette lecture en plan.

Gros-Oeuf et Petit-Oeuf
Sur le principe, cette courte histoire paraît bien plus banale que sa consœur, avec une narration basée sur le principe du conte, avec métaphores et morale à la fin. Mais la manière dont elle est amenée, avec conceptualisation, permet d’intriguer le lecteur, qui s’imagine presque cette vieille femme blasée en faire la narration à un public l’écoutant bouche-bée. Tout de suite, cela met dans l’ambiance, les meilleurs contes n’étant pas ceux que l’ont lit mais ceux que l’on écoute. Le contenu en soi est loin de changer le cours d’une vie, mais il est finalement très plaisant à lire.


Conclusion :
Parce que les auteurs français aussi ont leur mot à dire sur la préhistoire

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
– les indices
– les parois
– les chemins
– les chutes

Arthur Conan Doyle : Le chien des Baskerville

Ce que l’éditeur nous dit :
Une malédiction pèse sur les Baskerville, qui habitent le vieux manoir de leurs ancêtres, perdu au milieu d’une lande sauvage : quand un chien-démon, une bête immonde, gigantesque, surgit, c’est la mort. Le décès subit et tragique de Sir Charles Baskerville et les hurlements lugubres que l’on entend parfois venant du marais, le grand bourbier de Grimpen, accréditent la sinistre légende. Dès son arrivée à Londres, venant du Canada, Sir Henry Baskerville, seul héritier de Sir Charles, reçoit une lettre anonyme :  » Si vous tenez à votre vie et à votre raison, éloignez-vous de la lande.  » Malgré ces menaces, Sir Henry décide de se rendre à Baskerville Hall, accompagné de Sherlock Holmes et de son fidèle Watson.

Ce que j’en pense :
La première fois que j’ai lu Le chien des Baskerville, j’ai eu peur, vraiment le grand frisson. Je me souvenais en particulier d’une scène, d’une rencontre avec “le monstre” qui m’avait particulièrement effrayée. Par ailleurs, totalement captivée par l’enquête, je ne me doutais pas un seul instant de l’issu de l’histoire.  Et puis j’avais décidé de ne jamais mettre les pieds dans des landes. Il faut dire qu’à l’époque j’étais en sixième.
Une quinzaine d’années plus tard, et bien des pages tournées depuis, il semble que j’ai pris de la graine car tout cela m’a paru nettement moi saisissant. Je pense avoir reconnu le passage qui m’avait tant marqué, même si n’en suis pas tout à fait certaine. Celui auquel je pense contient quelques phrases seulement, sur lesquelles je ne me serais sûrement pas attardée si je ne les avait pas cherchées. Il va sans dire que, bien que n’ayant aucun souvenir de son identité, il m’a paru cette fois bien facile de désigner le coupable. Lorsque les personnages sont si peu nombreux, le choix se restreint rapidement. En même temps je suis bien consciente que ce sont grâce à Arthur Conan Doyle et ses contemporains que d’autres écrivains ont pu par la suite s’inspirer puis dépasser le style même du roman policier. Et puis, ce petit côté désuet n’est pas pour me déplaire.

Conclusion :
Un sympathique retour en enfance.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
– les indices
– les chaussures
– les filatures
– les cliffhanger à l’ancienne

Hitonari Tsuji : L’arbre du voyageur

Ce qu’en dit l’éditeur :
Peu après son entrée en primaire, il avait tranquillement quitté la maison. « L’école, ça ne lui a jamais beaucoup plu », disait ma mère avec un sourire fataliste. Mon frère était donc parti sur un coup de tête, sans que rien laissât deviner cette intention. Ces escapades se renouvelèrent. Parfois il ne rentrait pas de toute une journée, voire deux. « 
Mais, devenu adulte, Yûji finit par disparaître pour de bon, sans plus jamais donner de nouvelles. Dix ans plus tard, son jeune frère décide de partir à sa recherche. Au cours de ce qui va vite faire figure de quête initiatique à travers les lieux cultes d’un Tokyo ultra-branché, il va découvrir tous les dangers qui guettent le  » voyageur  » égaré dans le monde moderne : la violence, la drogue, les sectes…
L’étrange personnalité de Yûji, qui inspire à la fois répulsion et bizarre sympathie, se révèle peu à peu, pour se dérober ensuite – jusqu’au coup de théâtre final.

Ce que j’en pense :
Je ne dirais pas que je n’ai pas aimé ce livre, mais que j’ai bien l’impression d’être passée à côté de quelque chose. Il est probable que certains détails m’aient échappés, ou tout simplement que je ne sois pas équipée pour comprendre le fond de la pensée de cet auteur. Quoi qu’il en soit, la quatrième de couverture n’est pas représentative du contenu du bouquin.
Très typique des écritures et sujets abordés par certains auteur japonais (des personnages qui se sentent « vides » à un moment de leur existence et cherchent un nouveau sens a leur vie, le thème de la mort y étant très souvent lié), cette lecture est agréable sans être très originale. Hormis suivre les pensées du héros, elle permet également au lecteur de l’accompagner dans les rues de Tokyo (ville où il fait toujours bon se promener, à mon humble avis).
Mais il manque le fin mot de l’histoire. Là encore un épilogue en pointillé est assez courant chez les nippons – logique, puisque la vie continue – mais ici on frôle carrément la frustration. Y avait-il vraiment une réponse à l’énigme posée ? Je suppose que chacun est libre d’en décider.

Conclusion :
Pas tout à fait déplaisant, mais pas indispensable non plus.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
– les tours
– les restaurants
– les indices