Étiquette : feu

Haruki Murakami : La fin des temps (世界の終りとハードボイルド・ワンダーランド – Sekai no owari to Hādo-boirudo Wandārando)

Ce que l’éditeur nous dit :
Le narrateur, un informaticien de très haut niveau, qui effectue des missions spéciales, apporte un jour sa collaboration à un vieux savant dont le laboratoire se situe dans les sous-sols obscurs d’un immeuble. Dès lors, il est entraîné dans une aventure terrifiante. Parallèlement à ce Hard-boiled wonderland, interviennent en alternance les chapitres de La Fin des temps : le narrateur se trouve prisonnier d’une ville onirique, peuplée de licornes au pelage doré. Les deux intrigues se rejoindront finalement. De même que son personnage flirte avec d’anodines jeunes filles, Haruki Murakami courtise ici le mythe – ce qui nous vaut une fable d’une prenante étrangeté. Ce roman a obtenu au Japon le prix Tanizaki.

Ce que j’en pense :
Si les romans de Haruki Murakami me laissent toujours ce sentiment particulier, assez semblable d’une fois sur l’autre (bien qu’au travers d’un support très différent, Murakami étant constant dans son style sans pour autant éprouver de difficulté à se renouveler dans la forme ou les idées transmises), je dois dire que la Fin des temps m’avait un peu plus marqué que les autres. Peut-être à cause de cette construction à deux voix, peut-être à cause de ce monde imaginaire et des licornes, peut-être à cause de sa thématique sur l’inconscient, peut-être juste parce que c’est l’un des premiers romans de l’auteur qu’il m’ait été donné de découvrir. Difficile à dire. Toujours est-il que c’est le seul que j’avais envie de relire (la priorité étant donnée aux nouvelles lectures de cet écrivain si prolifique), occasion créée par le cadre du challenge lui étant dédié.
C’est avec plaisir que je me suis à nouveau laissée emporter par cet univers, qui m’a permis de découvrir ou redécouvrir maint détails fascinants. Si l’expérience m’a parue toujours très agréable, je dois dire que j’ai été un peu moins subjuguée que la première fois, sûrement par l’absence de la nouveauté.

Conclusion :
Une expérience délicieuse, même sans l’attrait de la nouveauté.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les feux de bois
les gammes
les destructions méthodiques
le rose

Hayao Miyazaki : Le vent se lève (Kaze Tachinu – 風立ちぬ)

Ce que le synopsis nous dit :
Inspiré par le fameux concepteur d’avions Giovanni Caproni, Jiro rêve de voler et de dessiner de magnifiques avions. Mais sa mauvaise vue l’empêche de devenir pilote, et il se fait engager dans le département aéronautique d’une importante entreprise d’ingénierie en 1927. Son génie l’impose rapidement comme l’un des plus grands ingénieurs du monde.
Le Vent se lève raconte une grande partie de sa vie et dépeint les événements historiques clés qui ont profondément influencé le cours de son existence, dont le séisme de Kanto en 1923, la Grande Dépression, l’épidémie de tuberculose et l’entrée en guerre du Japon. Jiro connaîtra l’amour avec Nahoko et l’amitié avec son collègue Honjo. Inventeur extraordinaire, il fera entrer l’aviation dans une ère nouvelle.



Ce que j’en pense :
Une approche très intéressante de l’histoire de l’aviation japonaise, qui nous rappelle que ce pays n’a pas toujours été la super puissance technologique qu’il est maintenant. C’est moche mais il faut bien avouer que les conflits constituent des périodes très prolifiques en terme de découvertes et d’avancées, tous domaines confondus. Ainsi, si le prix à payer était élevé, le Japon est sorti considérablement grandi de la seconde guerre mondiale. A noter la manière très habile dont Hayao Miyazaki aborde cette période sensible du point de vue nippon, tout en évitant les sujets fâcheux. Ici on se moque de savoir qui sont les gagnants ou les perdants, car cela a finalement peu d’importance, ce n’est pas le sujet du film.
Quelques détails m’auront cependant dérangés, en particulier dans la romance décrite entre Jiro et Nahoko. Mais je suppose qu’il faut replacer cela dans le contexte de l’époque et de la culture japonaise, où le rôle de la femme est encore très strict et la dévotion à la patrie prioritaire sur tout le reste (enfin ça n’excuse tout de même pas de fumer à la figure de son épouse malade parce qu’on ne peut pas se passer de cigarette pendant une heure). Enfin je dois avouer que plus d’une fois durant la séance je me suis impatienté de voir la fin arriver, parce que oui c’est intéressant, mais c’est long quand même.

Conclusion :
Une épopée historique originale et intéressante mais qui aurait pu être plus concise.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :

– la pluie

– les tremblements de terre
– le soleil
– le feu

Steven Spielberg : Lincoln

Ce que le synopsis nous dit :
Les derniers mois tumultueux du mandat du 16e Président des États-Unis. Dans une nation déchirée par la guerre civile et secouée par le vent du changement, Abraham Lincoln met tout en œuvre pour résoudre le conflit, unifier le pays et abolir l’esclavage. Cet homme doté d’une détermination et d’un courage moral exceptionnels va devoir faire des choix qui bouleverseront le destin des générations à venir.

Ce que j’en pense :
Oui le thème est intéressant. Surtout en tant que française, si je voyais vaguement à quoi faisait référence la guerre de sécession (je ne m’étais presque pas endormie devant Autant en emporte le vent), le détail restait flou. Desquels entre les démocrates et les républicains défendaient quoi et pour quelles raisons, quel était alors le statut de Lincoln ou même l’époque exacte, tout cela je ne le savais pas et j’ai pu l’apprendre (ou tout au moins le deviner) grâce à ce dernier Spielberg. Pour tout le reste, il y a wikipédia.
En effet, le film donne très peu d’explication, jetant sans ménagement le spectateur dans un flots d’intrigues politiques qu’il n’a pas les moyens de comprendre. Il faudrait aller voir le film en connaissant déjà les noms de tous les membres du parlement de l’époque (j’ai du mal à croire que l’américain moyen les connaisse, alors des français n’en parlons pas). En cela de nombreuses scènes sont impossibles à suivre et l’ensemble est assez long.

Conclusion :
Utile pour la culture générale même si insuffisant

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
– le juste prix
– les histoires
– les télégrammes
– les feux de bois

Yuri Grigorovich : La Bayadère (Pathé Live)

Ce qu’il faut savoir/synopsis :
En direct du Théâtre du Bolchoï.
Ballet en trois actes, chorégraphié par Marius Petipa sur une musique de Léon Minkus
Œuvre-phare de Marius Petipa, La Bayadère fut créée au Grand Théâtre de Saint-Pétersbourg en 1877 dans une mise en scène grandiose qui dévoilait, dans une Inde de mystères, les amours impossibles de la danseuse sacrée Nikiya et du guerrier Solor. Pièce majeure de la tradition russe, le ballet est cependant resté longtemps inconnu en Occident.

Ce que j’en pense :
J’avais déjà vu la Bayadère “en vrai” à l’Opéra Garnier il y a deux ans. L’idée d’assister à ce type de présentation via un écran géant m’avais toujours parue farfelue, mais lorsque l’occasion s’est présentée à moi la curiosité l’a emporté.
Effectivement, ce mode présente certains avantages, comme le fait d’avoir une très bonne visibilité (qui est le gros point faible du palais Garnier lorsque l’on assit n’importe où ailleurs qu’au premier rang). Mais cela n’est il pas également un inconvénient, lorsqu’au lieu d’admirer la seule grâce des danseurs, on ne peut plus ignorer la maigreur maladive de certains d’entre eux ?
Il a le bien sûr fait que l’on ne soit plus libre de regarder où on le souhaite. La caméra nous guide vers les moments incontournables, nous permet d’admirer les jeux d’expressions. Mais le charme est loin lors des scènes mettant en actions de nombreux danseurs en simultanés (généralement celles que j’adule le plus), qui se traduisent au cinéma  par un plan large et fixe. Bref pareil mais en moins bien.
Je suis assez mitigée sur les plus apportés par l’écran. Il est intéressant d’avoir une présentatrice qui apporte quelques points de détails sur l’oeuvre (même si pas tant que ça, le temps de tout répéter en russe, français et anglais). Au début de chaque acte, un court texte défile pour nous résumer l’histoire à venir : je me demande si cela est bien nécessaire alors que le suspense contenu dans un ballet est déjà quasi nul….
Au final je ne regrette pas cette expérience et comprend qu’elle puisse convenir à certain, mais je trouve qu’elle ne remplace pas le live, loin de là.

Conclusion :
Quand à la Bayadère, c’est toujours aussi chouette !

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
– les serpents
– le feu
– les jarres
– les éléphants