Étiquette : féminisme

Mirion Malle : 2 oeuvres

Commando culotte

Ici Mirion Malle s’attaque à la pop-culture, en nous donnant son analyse [féministe] de certains films et séries triés sur le volet. Son point de vue est souvent très intéressant, car sans en faire des caisses, ni chercher la petite bête, elle ouvre les yeux sur de nombreux aspects. Et cela est d’autant plus pertinent que cette fameuse culture a une vraie force de persuasion, d’orientation dans nos façons de voir le monde et plus particulièrement les rapports hommes/femmes. En analyse des œuvres très connues (notemment Game of Throne) et d’autres un peu moins, qui rendent l’ouvrage et les exemples compréhensibles du plus grand nombre. Le trait n’est pas des plus beaux, mais peu importe car en tant qu’outil d’expression il fait très bien le job. J’ai apprécié qu’elle alterne entre des “dénonciation”, mais également de “bons” exemples. Tout n’est pas noir ou blanc. Bref, à lire !  Vous pouvez aussi aller directement le blog de Marion en cliquant ici.

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(Aparté)

Sur le sujet du rapport entre la culture et les rapports hommes/femmes, je vous propose notamment ce TED talk (il y en a d’autres) :

Intimité amoureuse

Ce très court recueil de BD a été écrit avec Thomas Mathieu, l’auteur du bouleversant les Crocodiles (si ce n’est pas encore fait, lisez tout de suite cette BD indispensable). Accessoirement, c’est aussi son amoureux et ils ont décidé de collaborer sur cette oeuvre. Celle-ci ne me laissera pas un souvenir impérissable, même si j’étais contente de pouvoir en savoir plus sur deux dessinateurs que j’apprécie. Ils nous décrivent certaines situations du quotidiens, notamment leur rencontre et les débuts de leur couple, tout cela étant très très orienté sur le sexe et les gros sens de l’héroïne. Mon chéri l’a lu avant moi et quelques scènes l’ont amusé, car il nous y a reconnu. Je ne vous dirai pas lesquels, mais effectivement il y a une certaine banalité dans tout cela.

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Theodore Melfi : Les figures de l’ombre (Hidden figures)

Ce que le synopsis nous dit :

Le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn.
Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et dans celle d’un pays en proie à de profondes inégalités, leur histoire longtemps restée méconnue est enfin portée à l’écran.
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Les livres qui m’ont vraiment fait réfléchir sur l’égalité hommes/femmes

Hier soir, j’ai regardé ce TED Talk de Colin Stokes, directeur de la communication d’une organisation à but non lucratif promouvant l’éducation dans les écoles des milieux défavorisés. Il nous fait part de ses questionnements sur l’image des hommes et des femmes dans le cinéma contemporain et comment cela peut influencer l’éducation de nos enfants. Il pointe notamment le fait que si peu de productions hollywoodiennes passent le fameux Test de Bedchel. Sur ce sujet on peut d’ailleurs trouver une playlist complète de TED Talks, intitulée « How masculinity is evolving » (L’évolution de la masculinité) disponible ici.

Mes propres réflexions sur le sujet ne cessent d’évoluer et je tenais à vous partager certaines des lectures qui m’ont vraiment fait avancer.

–> Cliquez sur les titres pour découvrir les articles complets.

crocodiles_mathieu_thomas-2Thomas Mathieu : Les crocodiles

C’est quoi le harcèlement, existe t-il vraiment, qui le subit et surtout qui sont ces crocodiles qui le pratique ? Seraient-ils des cas isolés d’hommes en perdition ou pourraient-ils se cacher dans notre entourage ? Sur le sujet, c’est certainement le livre qui m’a le plus chamboulée, qui m’a fait réaliser le plus de choses. Le problème est beaucoup plus proche et présent que ce qu’on ne pense. Il est indispensable que les femmes et surtout les hommes, en prennent conscience. Disponible ici.

la-femme-rompue-1Simone de Beauvoir : La femme rompue

Comment est-ce qu’un femme peut accepter d’être trompée et malmenée par son mari, quand celui-ci lui explique calmement qu’il a une maîtresse qu’il souhaite garder, parce que comprenez-vous « les hommes ont des besoins » ? Sous la divine plume de Simone de Beauvoir, que je ne pouvais omettre de cette liste, nous découvrons le portrait de trois femmes en colère et déçues par les hommes, mais luttant avec leur propres culpabilité. Une lecture poignante, d’autant plus touchante que Simone de Beauvoir, pourtant figure phare du féminisme, a elle-même fait l’expérience de ces dilemmes. Disponible ici.

Brigid_Schulte_OverwhelmedBrigid Schulte : Overwhelmed (débordée)

Dans quelle mesure les femmes subissent-elle une pression sociale et à quelle niveau ? Que faire quand on leur demande d’être parfaites sur tous les plans et surtout sur comment s’en détacher ? Il faudrait être à la fois une maman, une sportive, un canon de beauté une amie, avec une super carrière, tout en ayant l’air frais et reposé, être sexy en toutes circonstances (mais pas trop quand même, pour éviter de se faire harceler). Il y a de quoi s’emmêler les pinceaux ! Un sujet oh combien d’actualité et brillamment traité. Disponible ici.

beaute_fatale-1Mona Chollet : Beauté fatale

En terme de critère de beauté, qu’est-ce qui est « normal » ou non ?20Premier essai complet que j’ai véritablement lu sur le sujet de l’égalité des genres, Mona Chollet aura marqué pour moi un vrai tournant. C’est le moment où j’ai commencé à m’interroger, à prendre conscience qu’il y avait encore du boulot, 50 ans seulement après l’accord aux femmes françaises du droit de vote. Richement documenté, purement féministe, il faut être, pour le lire, prêt à se remettre en question. Que l’on soit d’accord sur tout ou non, cet ouvrage ouvre de nombreuses portes. Disponible ici.

Nathalie_Stragier_fille_du_futur_chez_vousNathalie Stragier : Ne ramenez jamais une fille du futur chez vous

Que se passerait-il dans si dans la société de demain, les hommes n’existaient plus ? Imaginez un monde dans lequel les guerres ne seraient plus que de l’histoire ancienne, où le XXIe siècle et ses « pratique barbares » serait considéré moyenâgeux, dans lequel s’épiler serait aberrant. Et surtout ce monde serait-il véritablement parfait ?Très facile à lire, Nathalie Stragier nous propose un livre jeunesse qui permet d’aborder le sujet des inégalités hommes/femmes avec beaucoup d’humour et de légèreté. Disponible ici.

 

Sarah Gavron : Les suffragettes (Suffragette)

Ce que le synopsis nous dit :
Au début du siècle dernier, en Angleterre, des femmes de toutes conditions décident de se battre pour obtenir le droit de vote. Face à leurs revendications, les réactions du gouvernement sont de plus en plus brutales et les obligent à entrer dans la clandestinité pour une lutte de plus en plus radicale. Puisque les manifestations pacifiques n’ont rien donné, celles que l’on appelle les suffragettes finissent par avoir recours à la violence pour se faire entendre. Dans ce combat pour l’égalité, elles sont prêtes à tout risquer: leur travail, leur maison, leurs enfants, et même leur vie. Maud est l’une de ces femmes. Jeune, mariée, mère, elle va se jeter dans le tourbillon d’une histoire que plus rien n’arrêtera…

Ce que j’en pense :
Au beau milieu des élections régionales, il est bon de se souvenir qu’en France les femmes ne peuvent voter que depuis 1944, ou qu’en Arabie Saoudite, ce privilège commence seulement à se mettre en place. Le film se focalise ici sur les actions mises en place par la population « féministe » britannique pour obtenir ce droit. Si certains personnages emblématiques du mouvement sont représentés, l’héroïne est  la Mme Toulemonde de l’époque, une illustre inconnue aux conditions de vie éprouvantes, issue de la population ouvrière. Les inégalités mises en lumière vont bien au-delà du simple accès aux urnes : les femmes étaient tout simplement soumises au bon vouloir de la gent masculine (vis-à-vis de l’argent, du travail, des enfants…) et n’avaient presque aucun autre choix que celui de devenir de bonnes épouses. Si je déplore le fait qu’il semble que le changement ne puisse se faire que dans la violence, je m’étonne pas de la virulence dont la société a alors fait preuve pour tenter d’enrayer le changement. Britanniques, françaises ou autres, je suis reconnaissante envers toutes ces personnes avant moi qui ont oeuvrées pour me donner les droits dont je bénéficie aujourd’hui. Ici ou ailleurs, la marche vers l’égalité (homme/femme ou autre) est loin d’être terminée, mais j’espère sincèrement que nous continuions à aller dans le bon sens.

Conclusion :
Une page de l’histoire intéressante et bien racontée.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les sentences
les témoignages
l’impuissance
la moitié de la population terrestre


Mona Chollet : Beauté fatale

Ce que l’éditeur nous dit :
Soutiens-gorge rembourrés pour fillettes, obsession de la minceur, banalisation de la chirurgie esthétique, prescription insistante du port de la jupe comme symbole de libération : la « tyrannie du look » affirme aujourd’hui son emprise pour imposer la féminité la plus stéréotypée. Décortiquant presse féminine, discours publicitaires, blogs, séries télévisées, témoignages de mannequins et enquêtes sociologiques, Mona Chollet montre dans ce livre comment les industries du « complexe mode-beauté» travaillent à maintenir, sur un mode insidieux et séduisant, la logique sexiste au coeur de la sphère culturelle.
Sous le prétendu culte de la beauté prospère une haine de soi et de son corps, entretenue par le matraquage de normes inatteignables. Un processus d’auto-dévalorisation qui alimente une anxiété constante au sujet du physique en même temps qu’il condamne les femmes à ne pas savoir exister autrement que par la séduction, les enfermant dans un état de subordination permanente. En ce sens, la question du corps pourrait bien constituer la clé d’une avancée des droits des femmes sur tous les autres plans, de la lutte contre les violences à celle contre les inégalités au travail.


Ce que j’en pense :
Un certain nombre de reproches peuvent être faits à cet essai. Tout d’abord, le ton et une certaine tendance à voir toujours “le verre à moitié vide”, à “chercher la petite bête”, peuvent remettre en cause l’objectivité de Mona Chollet. Est-ce qu’elle n’en fait pas un peu trop ? De plus, j’ai trouvé qu’il manquait un certain point de vue masculin. Est ce que toutes ces situations subies par les femmes ne touchent pas également certains hommes (telle que les mannequins traités comme des objets) ? Enfin, on notera une densité d’information assez importante, qui peut noyer le lecteur.
Une fois cela admit, il faut bien avouer que le point de vue de Mona Chollet a au moins le mérite d’exister et de soulever des questions. Ensuite, libre à chacun de prendre ce qui l’intéresse, de déterminer ce qui est “acceptable” ou non. Car on ne peut pas dire qu’elle ait complètement tord non plus, au contraire. Ce qui m’a le plus marqué en m’intéressant à des sujets féministes est de découvrir que ce sont nous les femmes (et je ne fais pas exception), qui les premières promouvons ces comportements et modes de pensées machistes. Et là je me suis dit que quand même il y avait un problème.

Conclusion :
Indispensable pour s’ouvrir l’esprit et prendre conscience de certaines choses

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
– le magasines
– les publicités
– les jupes
– la pression

 

Elisabeth Vonarburg : Chroniques du pays des mères

Ce que l’éditeur nous dit :
Au Pays des Mères, quelque part sur une Terre dévastée du futur en train de se remettre lentement, les hommes sont très rares. Seules les Captes des Familles – les Mères – font leurs enfantes avec les Mâles. Les autres femmes doivent utiliser une forme hasardeuse d’insémination artificielle.
Lisbeï et Tula ne s’en soucient pas trop : filles de la Mère de Béthély, elles grandissent ensemble, sœurs et amies. Mais Lisbeï se révèle stérile ; ne pouvant être la Mère comme elle en avait rêvé, elle doit quitter Béthély, et Tula. Devenue “exploratrice”, elle accomplira un autre de ses rêves : découvrir les secrets du lointain passé du Pays des Mères. Mais certains rêves sont difficiles à vivre…

Ce que j’en pense :
Le Pays des mères comporte un univers tout à fait unique, aux règles complexes et très recherchées : une société matriarcale avec un fonctionnement et une religion propres, dont les habitudes et les niveaux de croyances divergent en fonction des régions et des individus. L’originalité réside également dans le fait que cette société est en paix (et le restera jusqu’à la dernière page), montrant qu’il n’est pas obligatoire de décrire la guerre pour captiver le lecteur.
Mais malgré tous ces points positifs, je n’ai pas été complétement emballée. Tout d’abord parce que passé un certain niveau, la description de cet univers ne m’a que modérément intéressée : trop complexe, trop de détails, trop de questions posées pour trop peu de réponses.  Et puis j’ai trouvé le thème principal mal défini, celui ci changeant d’une partie à l’autre. Les questionnements existentiels de Lisbeï, très riches au départ, se sont brusquement arrêtés (à mon grand désespoir), tout comme la quête initiatique du personnage, qui fini par tout bonnement stagner. J’ai trouvé globalement la gestion des personnages dans l’avancement du bouquin très moyenne, qu’il s’agisse de leurs histoires personnelles ou de leurs places à proprement parler. Passé les cinq premier chapitres, la relation entre Lisbeï et Tula en particulier est à se cogner la tête contre les murs par l’idiotie même de son “évolution”.
De même, si bien de pan de l’écriture sont intéressants, les changement de tons et de sources en cours de route sont eux parfaitement inutiles.
Enfin, je dois dire que certaines mœurs de cette société, comme par exemple l’inceste, m’ont beaucoup dérangés.

Conclusion :
Un univers riche, peut être trop.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
– le féminisme
– les accords
– les pelles
– les félins