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Arthur Conan Doyle : Le chien des Baskerville

Ce que l’éditeur nous dit :
Une malédiction pèse sur les Baskerville, qui habitent le vieux manoir de leurs ancêtres, perdu au milieu d’une lande sauvage : quand un chien-démon, une bête immonde, gigantesque, surgit, c’est la mort. Le décès subit et tragique de Sir Charles Baskerville et les hurlements lugubres que l’on entend parfois venant du marais, le grand bourbier de Grimpen, accréditent la sinistre légende. Dès son arrivée à Londres, venant du Canada, Sir Henry Baskerville, seul héritier de Sir Charles, reçoit une lettre anonyme :  » Si vous tenez à votre vie et à votre raison, éloignez-vous de la lande.  » Malgré ces menaces, Sir Henry décide de se rendre à Baskerville Hall, accompagné de Sherlock Holmes et de son fidèle Watson.

Ce que j’en pense :
La première fois que j’ai lu Le chien des Baskerville, j’ai eu peur, vraiment le grand frisson. Je me souvenais en particulier d’une scène, d’une rencontre avec “le monstre” qui m’avait particulièrement effrayée. Par ailleurs, totalement captivée par l’enquête, je ne me doutais pas un seul instant de l’issu de l’histoire.  Et puis j’avais décidé de ne jamais mettre les pieds dans des landes. Il faut dire qu’à l’époque j’étais en sixième.
Une quinzaine d’années plus tard, et bien des pages tournées depuis, il semble que j’ai pris de la graine car tout cela m’a paru nettement moi saisissant. Je pense avoir reconnu le passage qui m’avait tant marqué, même si n’en suis pas tout à fait certaine. Celui auquel je pense contient quelques phrases seulement, sur lesquelles je ne me serais sûrement pas attardée si je ne les avait pas cherchées. Il va sans dire que, bien que n’ayant aucun souvenir de son identité, il m’a paru cette fois bien facile de désigner le coupable. Lorsque les personnages sont si peu nombreux, le choix se restreint rapidement. En même temps je suis bien consciente que ce sont grâce à Arthur Conan Doyle et ses contemporains que d’autres écrivains ont pu par la suite s’inspirer puis dépasser le style même du roman policier. Et puis, ce petit côté désuet n’est pas pour me déplaire.

Conclusion :
Un sympathique retour en enfance.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
– les indices
– les chaussures
– les filatures
– les cliffhanger à l’ancienne

Audrey Niffenegger : Le temps n’est rien (The time traveller’s wife)

Ce que l’éditeur nous dit :

« Je l’aime. II représente tout pour moi. Je l’ai attendu toute ma vie et à présent il est là. (J’ai du mal à m’expliquer.) Avec lui je peux contempler mon existence dans sa totalité, comme une carte, passé et futur réunis, comme un ange… [..] Tout est déjà arrivé. Tout en même temps.  » Nous avons tous déjà eu cette impression d’avoir rencontré une personne quelque part avant, ou de l’avoir connue dans une autre vie… Et si c’était dans un autre temps ? Quand Henry, bibliothécaire, voit arriver Claire, une artiste séduisante, il ne peut croire à l’incroyable : ils se connaissent depuis des décennies, même s’il ne s’en souvient pas. Car Henry est atteint d’une maladie qui le propulse dans le temps. II a rencontré Claire alors qu’elle était enfant et va sans cesse partir et revenir à des époques de leurs vies respectives…

Ce que j’en pense :

Ce livre aurait pu être un chef d’œuvre. Tout commence avec une idée géniale, celle d’exploiter le voyage dans le temps telle une malédiction (ou un don, cela dépend du point du vue et du moment), qui s’abattrait sur son sujet sans crier gare. Loin des romans avant-gardistes de science-fiction, il s’agit de la chronique de deux vies. Ce qui caractérise le récit est son incroyable vraisemblance (tout est relatif bien sûr). Tout d’abord dans les personnalités des différents protagonistes, si bien décrites dans leurs complexités, leurs évolutions et même leurs absurdités. Il en va de même dans le déroulement de ces vies, qui loin d’être tracées d’une ligne blanches doivent subir les aléas de joies et de peines que tout un chacun se doit de traverser pour espérer trouver et conserver le bonheur. Et force est d’admettre que le concept est drôlement bien exploité.
Malheureusement, quelques défauts un peu trop flagrants pourront en arrêter plus d’un. Le premier est la longueur du roman. De nombreuses pages auraient mieux faites de ne pas être écrites, car n’apportant au lecteur aucun élément constructif. Un peu de détails et de descriptions pour la forme, pourquoi pas, mais trop c’est trop. Ajoutons à cela une certaine mièvrerie qui se serait glissée entre les pages. Une minute le livre est incroyablement mature et passionnant, la suivante on tombe dans la contemplation et le gnan gnan sans fin des romans a l’eau de rose (les 50 dernières pages en sont farcies, dommage pour la fin). Le romantisme a bien évidemment sa place dans le récit d’un amour, mais il faut parfois savoir ménager son lecteur…

Conclusion :

Un très beau livre qui vaut la peine, mais en sautant quelques passages.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :

– le violon
– les chaussures
– les pique-niques
– l’apprentissage

Le temps n’est rien sur Amazon

Christophe Honoré : Les Bien-aimés

Ce que le synopsis nous dit :
Du Paris des sixties au Londres des années 2000, Madeleine, puis sa fille Véra vont et viennent autour des hommes qu’elles aiment. Mais toutes les époques ne permettent pas de vivre l’amour avec légèreté…


Ce que j’en pense :
Il se trouve que j’avais déjà vu et apprécié Toutes les chansons d’amour, et c’est sans savoir qu’il s’agissait du même réalisateur que j’ai assisté à une séance des Biens-aimés. Qu’il s’agisse du casting, du compositeur, de la thématique et bien sûr de la façon de filmer, l’introduction à elle seule permet de reconnaître la patte de Christophe Honoré. J’ai ainsi eu le plaisir de retrouver ici de nombreux aspects qui m’avais déjà convaincus, notamment une façon unique, voire loufoque, mais en tout cas toujours aussi surprenante d’imaginer tous les temps auxquels l’amour peut se conjuguer.
Malheureusement, le plus récent de ces deux longs métrages souffre un peu de la comparaison. Tout d’abord, là où toutes les Chansons d’amour présentait tour à tour espoirs et désespoirs (et toute la palette de sentiments qui va avec) engendrés par les passions, Les biens aimés se focalise plus que sur une vision pessimiste de celles ci. Ce point de vue aurait pu se défendre, si le film ne nous présentait pas toujours la même erreur, la même situation appliquée à chacun des personnages. Certains exemples sont de trop, dont l’absence aurait également permit de réduire la longueur du film. Enfin, si j’ai écouté en boucle la bande originale des Chansons d’amour, cet aspect est assez décevant pour cet autre film, car si les mélodies trouvent leurs place dans l’histoire, elles ne laisseront pas non plus un souvenir impérissable.

Conclusion :
Pas incontournable, pas le meilleur travail du réalisateur, mais pas mal non plus.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
– les chaussures
– les trains
– les hôtels

Sylvie Testud : Gamines

Ce que l’éditeur nous en dit :
– Qu’est-ce que tu faisais dans la chambre de maman ? -J’ai volé une photo. Une toute petite photo. – Tu lui ressembles tellement, a dit ma sœur. J’ai mis la photo dans la poche de mon jean. Je me suis assise dessus pendant trente ans. – La photo est ressortie de ma poche !j’ai dit à mes sœurs. J’ai vu l’homme de la photo ! – Qui ? – Celui qui porte le même nom que nous, le même nom que moi. Ce n’est pas une photo, c’est un homme. J’ai donc un père. Que dois-je faire ? Trente ans que je réponds : ‘Je n’ai pas de père. Je n’ai qu’une photo.’ Devant les mines compatissantes, je réponds depuis trente ans :’ Je n’ai pas de père, mais je m’en fiche, c’est comme ça.’

Ce que j’en pense :

A mon sens, tout livre devrait remplir une fonction, ne pas exister que pour le simple plaisir ou besoin de l’auteur de l’avoir écrit. Tous les livres devraient permettre d’apprendre quelque chose, de faire réfléchir, d’ouvrir de nouvelles perspectives sur le monde ou juste de se divertir.
Pour moi, Gamines ne remplit aucune de ces fonctions. Très clairement Sylvie Testud partage ici une part de sa vie, qui pourra intéresser ses fans. Mais il est difficile de croire que ce bouquin se serait aussi bien vendu si le nom d’une actrice connue n’était pas écrit sur la couverture.
Le narrateur est un garçon manqué. Le ton est celui de l’enfance certes, mais sans la fraicheur que l’on peut trouver à la lecture d’un Petit Nicolas ou d’un Marcel Pagnol. Comme la petite fille s’exprime mal, le texte est mal écrit. Logique, mais également très barbant à lire. Certes les mots défilent facilement, certaines répliques sont même intéressantes. Mais l’écriture est si fluide, si « langage parlé », qu’il est vite tentant de les survoler. Il aurait peut être été plus adapté d’en faire directement une pièce de théâtre. Peut être la version cinématographique est t-elle d’ailleurs plus réussie.

En conclusion :

Éventuellement pour les inconditionnels de Sylvie Testud

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
–   Les chaussures
–   Les colonies de vacances
–   Les coccinelles
–   Les curés