Étiquette : belge

Tommy Wirkola : Seven sisters (What Happened to Monday?)

Ce que le synopsis nous dit :

2073. La Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide d’instaurer une politique d’enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d’Allocation des Naissances, sous l’égide de Nicolette Cayman. Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman décide de garder secrète l’existence de ses 7 petites-filles. Confinées dans leur appartement, prénommées d’un jour de la semaine, elles devront chacune leur tour partager une identité unique à l’extérieur, simulant l’existence d’une seule personne : Karen Settman. Si le secret demeure intact des années durant, tout s’effondre le jour où Lundi disparait mystérieusement…
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Stephan Streker : Noces

Ce que le synopsis nous dit :

Zahira, belgo-pakistanaise de dix-huit ans, est très proche de chacun des membres de sa famille jusqu’au jour où on lui impose un mariage traditionnel. Ecartelée entre les exigences de ses parents, son mode de vie occidental et ses aspirations de liberté, la jeune fille compte sur l’aide de son grand frère et confident, Amir.

Ce que j’en pense :

Ça c’est un film surprenant, qui reste. Plus le temps passe, plus je suis contente de l’avoir vu. Le génie tient ici aux différents tons employés, qui se marient à merveille. C’est une histoire dure, dramatique même, mais dont le ton n’est pas lourd. Il est parfois léger (les folies de l’adolescence), souvent drôle par l’absurde (les échanges skype à eux tout seuls valent le détour). Les différents points de vue sont bien expliqués et présentés, comme par exemple l’explication du père qui pense (peut-être à raison), que de nombreuses femmes célibataires en France ne sont pas heureuses. Je ne suis bien sûr pas en accord avec la solution qu’il propose (le mariage forcé et tout ce qui s’ensuit), mais j’admets qu’il y a du sens dans cette réflexion.
Ce n’est pas un film dur à regarder, mais dont le message de fond passe. Je le recommande grandement.

Conclusion :

Un film très puissant, traitant avec une grande finesse un sujet difficile.

À voir si vous voulez en savoir plus sur :

le mariage forcé
la culpabilité
la notion de bonheur
le chantage affectif

Stefan Platteau : Dévoreur (Les Sentiers des Astres)

Ce que l’éditeur nous dit :

Sommes-nous les jouets des astres ? Qu’est-ce que ces choses lointaines éveillent en nous, qui nous anime, et nous pousse à agir d’une façon qui nous étonne nous-mêmes ?
Au-dessus de la demeure de Vidal, l’éleveur d’ânes, une planète brille trop fort ; le comportement de cet homme paisible s’en ressent. Son amie Aube assiste, impuissante, à sa transformation. Parviendra-t-elle à l’arracher à cette influence néfaste, ou faudra-t-il attendre l’aide de Peyr Romo, le magicien des Monts de souffre ?
Dans la vallée de Pélagis, de vieux instincts s’éveillent, prêt à dévorer toute humanité dans le cœur des êtres…
Une plongée dans l’âme d’un monstre, dans l’univers des Sentiers des Astres.
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Tim Burton : Miss Peregrine et les enfants particuliers (Miss Peregrine’s Home For Peculiar Children)

miss_peregrine_et_les_enfants_particuliers_afficheCe que le synopsis nous dit :

À la mort de son grand-père, Jacob découvre les indices et l’existence d’un monde mystérieux qui le mène dans un lieu magique : la Maison de Miss Pérégrine pour Enfants Particuliers. Mais le mystère et le danger s’amplifient quand il apprend à connaître les résidents, leurs étranges pouvoirs … et leurs puissants ennemis. Finalement, Jacob découvre que seule sa propre « particularité » peut sauver ses nouveaux amis.

Ce que j’en pense :

J’ai lu à plusieurs reprises des commentaires de personnes qui trouvaient que le film comprenait trop de mise en place et pas assez d’action. J’aurais presque dit le contraire. Car il faut bien avouer que ce qui fascine dans l’histoire de ces enfants particuliers, ce n’est pas tant les dangers qu’ils ont à affronter (qui restent somme toute très classiques), mais bien l’univers dans lequel ils évoluent. J’ai eu le sentiment que bien des choses n’étaient pas ou trop rapidement expliquées et qu’il restait bien des mystères à résoudre, en particulier sur cette chère Madame Peregrine, dont les intentions m’ont parue opaques. Cette dernière est merveilleusement interprétée par Eva Green, dont je viens seulement de réaliser qu’elle était française, malgré un accent impeccable ; cela s’explique du fait d’un père franco-suédois (contexte multiculturel) et surtout par une scolarité entre l’école internationale bilingue et l’école américaine de Paris. Bref, il me semble que cela vaudrait peut-être le coup de se pencher sur l’oeuvre originale de Ransom Riggs pour en savoir plus.
Pour poursuivre sur le casting, j’ai trouvé Judith Dench totalement inutile. Oui d’accord c’est une icône et les réalisateurs adorent la casser dans des seconds rôles histoire de rajouter un nom connu à l’affiche, mais honnêtement ce n’était pas nécessaire. Cette mauvaise habitude est également largement utilisée pour Samuel L. Jackson, au point que j’étais presque agacée de le voir à l’écran, mais au final non, au contraire, car son personnage est le plus drôle (le seul drôle peut-être) du long métrage. Enfin, j’avoue un manque d’objectivité concernant Isa Butterfield depuis son interprétation d’Ender.
Tout cela correspond tout à fait à l’image que l’on se fait des films de Tim Burton, à la fois fantastique, légèrement sombre et magique à la fois, qui a décidément bien fait d’enfin arrêter d’engager Johnny Depp. Également, Très bon choix de musique de fin, interprétée par Florence + The Machine. Miss Peregrine ne sera sans doute pas le film de l’année, mais permet de passer un très bon moment.

Conclusion :

Un bon film pour les amateurs de mondes parallèles fantastiques.

3f

À voir si vous voulez en savoir plus sur :

les batailles de boules de neige
les expériences
l’ornithologie
les siestes

 

Amélie Nothomb : Le comte de Neville

Ce que l’éditeur nous dit :
Cette année, Amélie Nothomb fait sa rentrée avec un conte de fées virant à la tragédie grecque. « Le crime du comte Neville » raconte l’histoire d’une jeune châtelaine mal dans sa peau, qui cherche à se faire assassiner par son père, pour aider ce dernier à réaliser sans dommages la prédiction d’une voyante rencontrée à l’issue d’une fugue qui n’en est pas une.

Ce que j’en pense :
Un Amélie Nothomb parmi tant d’autres : farfelu, décalé, court. D’ailleurs il s’agirait plus d’une nouvelle que d’un roman, le prix de vente affiché pour la version broché ne se justifiant que très difficilement malgré le nom affiché sur la couverture (j’ai eu la chance de pouvoir l’emprunter, donc je rouspète mais en vrai je ne suis pas concernée). Rien de particulier à dire sur l’histoire, qui encore une fois est exactement ce à quoi l’on peut s’attendre de son auteur, qui objectivement sait écrire et sait raconter. Ainsi j’ai passé un bon moment de lecture, pas plus, pas moins. Je ne lui jette pas la pierre, on ne peut décemment pas écrire un chef-d’oeuvre chaque année.

Conclusion :
A lire pour les inconditionnels de l’auteur, superflu pour les autres.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
l’art de la réception
les preuves d’amour
les ressentis
les châtelains

Xavier Giannoli : Marguerite

Ce que le synopsis nous dit :
Le Paris des années 20. Marguerite Dumont est une femme fortunée passionnée de musique et d’opéra. Depuis des années elle chante régulièrement devant son cercle d’habitués. Mais Marguerite chante tragiquement faux et personne ne le lui a jamais dit. Son mari et ses proches l’ont toujours entretenue dans ses illusions. Tout se complique le jour où elle se met en tête de se produire devant un vrai public à l’Opéra.

Ce que j’en pense :
Drôle ou triste selon sous quel angle on choisit de se placer, sans doute les deux à la fois, l’histoire de cette Marguerite Dumont est touchante. Convaincue depuis longtemps du talent d’interprète de Catherine Frot, je n’ai pas été surprise de voir la palette d’émotion qu’elle parvient à faire passer à l’écran. On la trouve ridicule, on la prend en pitié, on s’attache à elle, tout comme les protagonistes qui l’entourent, tentés de l’utiliser pour finalement succomber à sa naïveté. Bien souvient les intentions sont floues, la frontière entre abus et bienveillance semblant bien mince. Ces personnages secondaires d’ailleurs, qui peinent à trouver leur place. Leurs histoires sont abordées, sans être réellement traités, pour finalement sembler tomber là comme un cheveux sur la soupe.
L’univers des années 20 est pour sa part rès réussi, telle une version plus sage de Gatsby le magnifique où l’argent coule à flot et la réalité semble oin des considérations de chacun. Je soulignerai en particulier l’utilisation intelligente de l’élément photographique.

Conclusion :
Une jolie mélodie.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
les souffleurs
les barbes
la fumée
les éléments de décor

Jaco van Dormael : Le tout nouveau testament

Ce que le synopsis nous dit :
Dieu existe. Il habite à Bruxelles. Il est odieux avec sa femme et sa fille. On a beaucoup parlé de son fils, mais très peu de sa fille. Sa fille c’est moi. Je m’appelle Ea et j’ai dix ans. Pour me venger j’ai balancé par SMS les dates de décès de tout le monde…

Ce que j’en pense :
Que sont loin la colorimétrie et la luminosité de Mr. Nobody, que Jaco van Dormal a ici laissé de côté en faveur d’une image plus contrastée, plus sombre. On se croirait presque dans un film de Jean-Pierre Jeunet. A été conservé un certain amour de la vie, des gens, au-delà des blessures et de la tristesse. Des métaphores inattendues et magnifiques, des messages de tolérance et une certaine forme d’espoir, mais la perfection n’est pas envisageable. Même dans les situations de bonheur, le glauque semble caché dans un coin, prêt à resurgir à tout instant. A l’heure où le cinéma ne cesse de sublimer, même les plus beaux paysages apparaissent ici ternes. Je ne suis pas certaine de l’intention réelle du réalisateur mais, contrairement à son précédent long métrage, je ne qualifierais pas Le tout nouveau testament de feel good movie. Dommage, car la matière y était, seulement je n’ai pas été plus emballée que ça. J’ai tout de même passé un bon moment, j’ai été surprise, j’ai apprécié les références, j’ai souris, j’ai froncé les sourcils.

Conclusion :
Un moment de cinéma original mais pas à la hauteur de mes attentes.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
la fraternité
la tolérance
les broderies
les canoës


Amélie Nothomb : La nostalgie heureuse

Ce que l’éditeur nous dit :
Tout ce que l’on aime devient une fiction.

Ce que j’en pense :
Pour apprécier La Nostalgie Heureuse, il faut au préalable avoir lu et surtout aimé les deux oeuvres précédentes d’Amélie Nothomb au pays du soleil levant. Cela tombe bien car c’est précisément mon cas.
S’il faut avouer que ce livre ne brille pas par sa longueur, la qualité est là, de bout en bout (ce qui n’est pas toujours le cas avec cet auteur). Amélie Nothomb nous y raconte sa vie, ou plutôt un moment de sa vie, qui sous de très banales apparences déclenche chez elle mille émotions. J’ai pour ma part été très touchée, émue même. Amélie Nothomb est une femme singulière, atteinte de douce folie, mais aussi tellement attachante. J’ai particulièrement savouré la dernière partie de la lecture, alors qu’elle fait le bilan de son voyage, le nez collé au hublot et l’esprit dérivant. Les mots sont justes, magnifiquement bien choisis. Si je comprend parfaitement tous les reproches qui peuvent être adressés à l’auteur, rien ne pourrait remettre en cause son âme d’écrivain. Cela reviendrait à nier effrontément l’indéniable qualité de certains phrasés, et surtout une incroyable capacité à imager les émotions. Amélie est liée à sa plume.

Conclusion :
Un vrai régal.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
– les séances photos
– le linge
– l’Everest
– les prénoms

Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier : Ernest et Célestine

Ce que le synopsis nous dit :
Dans le monde conventionnel des ours, il est mal vu de se lier d’amitié avec une souris. Et pourtant, Ernest, gros ours marginal, clown et musicien, va accueillir chez lui la petite Célestine, une orpheline qui a fui le monde souterrain des rongeurs. Ces deux solitaires vont se soutenir et se réconforter, et bousculer ainsi l’ordre établi.

Ce que j’en pense :
Daniel Pennac aux dialogues, Thomas Fersen aux paroles ou encore Lambert Wilson à la voix, quel casting sonore hors du commun ! D’ailleurs la bande originale se réécoute avec plaisir.
Mais le visuel n’est pas en reste, avec de magnifiques aquarelles qui renouent complètement avec le dessin animé “à l’ancienne”. Un pur régal. Les deux se marient très bien, avec un réel travail sur le mélange des sons et des couleurs. Des sons graves et doux, sobres et subtiles, qui dansent au rythme des coups de pinceau. J’ai en particulier apprécié les nombreuses utilisations du basson en solo ou allié au piano et violon. Sans oublier le violoncelle… L’intégration de ces arts dans le conte est un vrai délice.
Quand à l’histoire, ce n’est peut être pas son originalité que l’on retiendra, mais elle prête souvent au sourire.

Conclusion :
La douceur du miel sur grand écran

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
– les agents de police
– les chamallows
– les parapluies
– les moineaux

Amélie Nothomb : Acide sulfurique

Ce que l’éditeur nous dit :
Concentration : la dernière-née des émissions télévisées. On enlève des gens, on recrute des kapos, on filme… Tout de suite, le plus haut score de téléspectateurs, l’audimat absolu qui se nourrit autant de la cruauté filmée que de l’horreur dénoncée.
Etudiante à la beauté stupéfiante, Pannonique est devenue CKZ 114 dans le camp de concentration télévisé. Le premier sévice étant la perte de son nom, partant de son identité. Zdena, chômeuse devenue la kapo Zdena, découvre en Pannonique son double inversé et se met à l’aimer éperdument. Le bien et le mal en couple fatal, la victime et le bourreau, la belle et la bête aussi. Quand les organisateurs du jeu, pour stimuler encore l’audience, décident de faire voter le public pour désigner les prisonniers à abattre, un tollé médiatique s’élève mais personne ne s’abstient de voter et Pannonique joue sa vie…

Ce que j’en pense :
Il y a deux types d’Amélie Nothomb : les géniaux et les autres. Celui-ci appartient clairement à la seconde catégorie. Mêler beauté et cruauté, dans un univers où l’horreur et perversité font légions, voici un thème en or pour l’auteur. Mais justement parce que c’est si attendu, l’effet de surprise n’est pas là. Ici l’écriture d’Amélie Nothomb ne se distingue pas, elle colle au texte. On dirait qu’elle a tout simplement suivi le pan de la mode, parlant de la télé réalité parce que c’est un sujet d’actualité. Comme tout le monde. Quelle déception de sa part, quelle prise de facilité. Au final, bien évidemment cela donne un livre qui se lit facilement, mais qui contrairement à ce que l’on aurait pu en espérer ne pousse pas spécialement à la réflexion. Vite lu, vite oublié.


Conclusion :
Acceptable mais sans plus.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
– le mystère
– le marchandage
– la contradiction