Rachel Vanier : Hotel international

Ce que l’éditeur nous dit :
«À l’occasion de la Fashion Week, et puisque ce sera certainement ma première et dernière, j’enfile l’accoutrement qui s’approche le plus du summum de la dinde superficielle. Je dois redoubler de créativité afin de composer une tenue différente pour chaque défilé auquel j’assiste, puisque les mêmes deux cents personnes seront présentes chaque soir pour reluquer les mannequins sur les podiums et leurs acolytes dans le public. En sortant de chez moi tout « endimanchée », comme ne dirait pas Arthur, les chauffeurs de tuk-tuk me dévisagent. Effectivement, les talons de douze centimètres, la robe moulante, les lourds bracelets de métal et le maquillage de voleuse de camion ne leur semblent pas appropriés au temps moite et à la chaleur étouffante de l’après-pluie. En grimpant dans mon tuk-tuk, je me sens plus en désaccord avec le monde extérieur que jamais depuis mon arrivée au Cambodge.»

Ce que j’en pense :
C’est en venant refaire un tour sur le blog de Rachel Vanier que j’ai découvert qu’elle avait publié un roman. Conquise par son écriture et désireuse de donner un coup de pouce à ses ventes, je me suis empressée de commander Hotel International. Et je peux dire que je suis ravie de cet investissement. A travers un style de première apparence drôle et futile (bourré d’ironie et de second degré) et un personnage principal frivole à bien des égards, ce roman n’est pourtant pas exempt de fond, au contraire. On y trouve tout d’abord cette Madeleine plus vraie que nature (l’auteur reprenant nombre de ses propres expériences, on se demande parfois où commence la fiction et où s’arrête la réalité), tiraillée entre la vie de reine d’une expatriée française dans un pays “pauvre”, et la poursuite de ses propres démons qui ne sont pas sagement restés l’attendre à Paris. Mais surtout le Cambodge…  Si mon cours séjour dans ce pays m’avais bouleversée à bien des égards (et plutôt positivement), c’est surtout la découverte de son histoire qui m’avais marquée, choquée de ma propre ignorance. Si les faits m’ont été mentionnés durant ma scolarité je n’en ai gardé aucun souvenir, tandis que les professeurs nous rabâchaient les tranchées et le débarquement de Normandie année après année. Oui c’est important et cela “nous” concerne directement, mais au point de passer sous quasi silence les faits d’un pays qui s’est acharné avec autant de méthodisme à détruire sa propre population ? Il me semble que cela mérite tout autant un devoir de mémoire. Sans jamais tomber dans le pathos, et au travers d’un roman “tout public”, Rachel Vanier ouvre une fenêtre sur ce pan de l’histoire, et rien que pour ça, cela vaut la peine le plaisir de lire Hotel International.

Conclusion :
Un chouette roman aux nombreux niveaux de lecture

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
les tuk-tuks
les entretiens d’embauche
les mojitos
les trucs en forme de T

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *