Philip K. Dick : Minority Report

Ce que l’éditeur nous dit :
Washington, 2054. John Anderton est membre de Précrime, une unité gouvernementale utilisant les dons de prescience de trois mutants, les précogs, pour arrêter les criminels avant leur passage à l’acte. Avant même qu’ils aient imaginé de passer à l’acte.Anderton a une confiance aveugle dans les prédictions des précogs. Mais quand, chasseur devenu gibier, il se retrouvera lui-même accusé du meurtre d’un homme qu’il n’a jamais rencontré, il lui faudra découvrir les véritables rouages de Précrime pour prouver son innocence.

Ce que j’en pense :
Découvrir Philip K. Dick à travers la nouvelle, c’est comprendre en partie pourquoi je n’avais pas aimé Le Maître du Haut Château. Il me semble que le vrai point fort de l’auteur réside dans son imagination débordante. Minority Report qui part d’un concept tout à fait génial, offre une écriture plus que correcte, mais pas vraiment aboutie. On sent que l’auteur avait hâte de la terminer, pour aller exploiter l’idée suivante. Attention la nouvelle est quand même très sympa à lire, je ne dis pas le contraire, mais il y a un petit côté « vite fait, bien fait ».
Afin de pouvoir écrire cette chronique dans les règles de l’art, je me suis payé le luxe de revoir l’adaptation cinématographique éponyme. C’est fou de voir la façon dont la machine hollywoodienne remanie le sujet à sa sauce. Certes pondre 2h15 de film à partir d’une histoire de 50 pages de littérature exige d’étoffer un peu son sujet, mais ici il s’agit presque d’une toute autre histoire. On retrouve l’existence de l’organisme “Précrime”, l’accusation de meurtre de John Anderton, mais c’est à peu près tout. Entre autre, le film nous transforme un scientifique saint d’esprit et questionnant la fidélité de son épouse, en homme drogué, hanté par la mort de son fils, avec une femme relayée en pot de fleur. Je ne parle même pas de l’issue finale, rien à voir. Oui c’est une formule qui a fait ses preuves auprès du public, mais je trouve dommage d’aseptiser/formater à ce point une oeuvre très originale au nom de la rentabilité. Les blockbusters, c’est vrai, c’est  très sympa, mais lorsque le spectateur n’a plus que le choix entre ça ou le « petit film d’auteur soudanais », bof. Steven Spielberg n’a tout simplement pris aucun risque.

Conclusion :
Une nouvelle étonnante, qui me réconcilie avec Philip K. Dick (mais me fâche un peu avec Steven Spielberg)

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
– le libre arbitre
– la fatalité
– les secrétaires
– les prises de succession

5 Comments

    • J'avais emprunté l'exemplaire de Florence, mais je pense que c'est le type d'oeuvre que l'on trouve facilement en ebook.

    • Et je ferais une autre chronique dessus quand je les ai auraient toutes lues, mais les autres nouvelles de ce recueil avaient l'air pas mal, ça devrait te plaire.

  1. Moi j'aime bien le film (que j'ai vu avant de lire la nouvelle ceci dit), je trouve que Spielberg a réussi à bien utiliser le matériel de base et construire quelque chose avec, y'a aussi un super travail sur l'esthétique (enfin aujourd'hui on s'en rend pas compte mais je trouve qu'il avait une belle longueur d'avance sur les tablettes xD). Surtout quand on compare à toutes les adaptations que Dick que j'ai pu avoir après (genre Paycheck ou l'Agence) qui sont des grosses bouses romantiques qui respectent à peine l'idée d'origine 😀

    • Non mais je râle mais au final j'ai bien aimé aussi. Je me souviens aussi avoir été impressionné par "la technologie" à l'époque, même si ça a un peu mal vieilli aujourd'hui (et que les écrans transparents, à bien y réfléchir c'est pas très pratique).
      C'est juste la comparaison avec l'oeuvre originale qui me fait réaliser à quelle point le film a été reformater et je trouve ça dommage, même si je reconnais aussi que ça plait aux spectateurs (dont moi).
      C'est la seule adaptation de Dick que j'ai vu. Il y a Blade Runner aussi qui je crois a eu pas mal de succès.

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