Manuela Fresil : Entrée du personnel

Ce que le synopsis nous dit :
L’abattoir est loin de tout, tout au bout de la zone industrielle.
Au début, on pense qu’on ne va pas rester.
Mais on change seulement de poste, de service.
On veut une vie normale.
Une maison a été achetée, des enfants sont nés.
On s’obstine, on s’arc-boute.
On a mal le jour, on a mal la nuit, on a mal tout le temps.
On tient quand même, jusqu’au jour où l’on ne tient plus.
C’est les articulations qui lâchent. Les nerfs qui lâchent.
Alors l’usine vous licencie.
A moins qu’entre temps on ne soit passé chef, et que l’on impose maintenant aux autres ce que l’on ne supportait plus soi-même. Mais on peut aussi choisir de refuser cela.

Ce que j’en pense :
Un documentaire très intéressant, ouvrant à de nombreuses questions. J’ai eu la chance de le voir en la présence de la réalisatrice, qui nous a ainsi expliqué ses intentions (tel que son choix de focaliser son film sur les hommes plutôt que sur les bêtes). Un jour, un employé assigné à la découpe des épaules lui a raconté que c’était précisément à l’épaule qu’il avait développé des problèmes de cartilage (notamment dûs à la répétition abusives de certains gestes). Elle a ensuite constaté que cet effet miroir entre partie de l’animal manipulée et développement de problèmes musculaires/osseux était loin d’être unique. Au sein du monde industriel, ce sont dans les abattoirs que le nombre d’arrêts maladie, l’absentéisme et l’espérance de vie obtiennent les plus mauvais scores.
L’homme peut s’habituer à tout, le pire comme le meilleur, c’est vrai. Mais face à des emplois aussi pénibles, aussi éprouvants moralement, si les barrières psychologiques se mettent en place efficacement, c’est le corps qui prend.
C’est toute l’aberration d’un système qui ne fonctionne pas qui est dénoncé. L’industrie carnée produit des animaux à la chaîne et épuise ses employés parce qu’il faut produire toujours plus, à des coûts toujours plus faibles, pour un rendement dérisoire. Tout le monde est perdant.


Conclusion :
En tant que consommateur, quelle est notre part de responsabilité dans tout cela ?

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
– les mimes
– les scies
– la mer
– les temps modernes

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