Jo Walton : Morwenna (Among others)

Ce que l’éditeur nous dit :
Morwenna Phelps, qui préfère qu’on l’appelle Mori, est placée par son père dans l’école privée d’Arlinghurst, où elle se remet du terrible accident qui l’a laissée handicapée et l’a privée à jamais de sa soeur jumelle, Morganna. Là, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres de science-fiction. Delany, Zelazny, Le Guin et Silverberg peuplent ses journées, la passionnent.
Un jour, elle reçoit par la poste une photo qui la bouleverse, où sa silhouette a été brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est une sorcière, sa propre mère qui plus est ? Elle peut chercher dans les livres le courage de combattre.
Ode à la différence, journal intime d’une adolescente qui parle aux fées, Morwenna est aussi une plongée inquiétante dans le folklore gallois. Ce roman touchant et bouleversant a été récompensé par les deux plus grands prix littéraires de la science-fiction : le prix Hugo et le prix Nebula. Il a en outre reçu le British Fantasy Award.


Ce que j’en pense :
Difficile de trouver les mots pour décrire ce roman hors norme. Je ne saurais même pas dire à quel point il m’a plu, même si je sais que j’aurais bien continué à le lire plus longtemps. Grosse pression d’ailleurs, alors que l’héroïne est capable de dévorer deux romans par jour, de ne pas être capable de finir cette lecture en moins d’une semaine (à ma décharge, j’ai nettement moins de temps qu’elle à consacrer à cette activité) !
Toute l’originalité réside dans cette ligne intentionnellement floue entre fantaisie et réalité, alors que la magie et la féerie semblent faire partie intégrante d’un Royaume-Uni tout à fait terre-à-terre outre mesure. Au final on ne sait jamais vraiment ce qu’il en est, si ces éléments surnaturels existent ailleurs que dans l’imagination de Morwenna, mais au final cela n’a pas vraiment d’importance. Au contraire, cette dernière doit faire face à des situations pas très drôles, à un âge où la recherche de son identité et de sa place dans la société suffisent déjà amplement à occuper le quotidien. On sent toutes les difficultés émotionnelles par lesquelles elle passe, sans pour autant tomber dans le plaintif gratuit ou l’accablement.
Ajoutons à cela un référentiel incroyablement dense à la littérature en général et à la Fantasy en particulier, qui invite à découvrir bien des auteurs. Celui-ci est complètement intégré au roman, tandis que l’héroïne nous parle du Mordor ou de son Karass comme si ces termes faisaient partie du vocabulaire courant, ou bien nous fait partager les réflexions que lui inspirent ses lectures.
Enfin, j’ai trouvé bien maîtrisé et bien utilisé le format de base  (sans qu’il ne soit omniprésent non plus), consistant à nous décrire les événements sous la forme d’un journal intime.

Conclusion :
Un roman unique.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
– les ruines
– l’argent de secours
– les boucles d’oreilles
– le vrai café

Morwenna sur Amazon

4 Comments

  1. Il manque pas la fin de ta dernière phrase ? ^^
    Sinon un gros +1, tu as bien mieux réussi que moi à mettre des mots sur ce livre !

  2. Je suis d'accord avec toi, c'est difficile de trouver les mots pour décrire la sensation de lecture. La part féérique est laissée à libre interprétation du lecteur 🙂 Et je trouve que c'est un sacré tour de main.

  3. Pingback: Jo Walton : My real children

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