Jean-Pierre Jeunet : L’Extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet (The Young and Prodigious T.S. Spivet)

Ce que le synopsis nous dit :
T.S. Spivet, vit dans un ranch isolé du Montana avec ses parents, sa soeur Gracie et son frère Layton. Petit garçon surdoué et passionné de science, il a inventé la machine à mouvement perpétuel, ce qui lui vaut de recevoir le très prestigieux prix Baird du Musée Smithsonian de Washington. Sans rien dire à sa famille, il part, seul, chercher sa récompense et traverse les Etats-Unis sur un train de marchandises. Mais personne là-bas n’imagine que l’heureux lauréat n’a que dix ans et qu’il porte un bien lourd secret…

Ce que j’en pense :
Ce qui m’avait séduite dans l’oeuvre originale de Reif Larsen, c’était avant tout “l’univers”, la manière d’introduire avec brio digressions et illustrations dignent des plus grands aventuriers. J’avais aussi beaucoup apprécié la façon subtile et pudique dont le drame familial est abordé, en trame de fond faussement anodine. Par contre, j’avais un peu décroché au moment de l’histoire où le héros arrive “à destination”, cette fin dans le monde des grands étant moins bien écrite. Manque de bol, c’est sur cette partie que Jean-Pierre Jeunet a décidé de mettre l’accent… au détriment du reste.
Pour retrouver toute la vraie magie du l’univers de l’invention, il faut attendre le générique de fin. Ici le “terrible secret” nous ait balancé sans vergogne dès les premières scènes. On sent que le but est de tirer sur la corde sensible du spectateur, au point d’en devenir ridicule. L’interprète de T.S. Spivet se voit contraint de nous imposer des larmes de crocodiles toutes les 10 minutes, avec un jeu d’acteur toujours aussi épouvantable à chaque tentative. Certe on ne peut pas en attendre une performance égale à celle d’un adulte, mais est ce si difficile de trouver un enfant crédible lorsqu’il pleure ? Il est assez drôle de voir que le réalisateur consacre une large partie du film (alors qu’elle est plutôt courte dans le bouquin) à dénoncer les procédés de bons sentiments formatés (et surtout intéressés), alors que c’est précisément ce qu’il fait (et mal) !
Si j’ai aimé me souvenir de cette histoire qui m’avait enchanté, et même en pardonnant à Jean-Pierre Jeunet d’en avoir une vision très différente de la mienne, reste que un film long et souvent ennuyeux. Quelques scènes m’ont plu (celle de la caravane, ou de la rencontre avec Dominique Pinon par exemple) mais cela fait bien peu à sauver.

Conclusion :
Bof.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
– Les personnages en carton
– Les ponts-levis
– Les carrioles
– Les lucioles

2 Comments

  1. Moi j'ai bien aimé mais j'avais pas lu le livre (qui m'attend dans ma PàL). On verra ce que je pense du film en comparaison du coup ^^.

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