Isabelle Siryani : Mélatonine

Ce que l’éditeur nous dit :
Côté pile, Ruby est journaliste modeuse… Côté face, cette identité laisse la place à un érotisme noir et impérieux. Et quand cette double vie se voit menacée par les messages d’un maître chanteur inconnu, la jeune femme est bien décidée à mettre la main sur celui qui se joue d’elle. Nuit/jour, badinage/violence, apparences lisses/pulsions intimes, le roman d’Isabelle Siryani se construit autour d’oppositions qu’elle pousse à leur paroxysme afin de mieux susciter l’ambivalence chez son lecteur. Forte et impressionnante, envoûtante et dérangeante, jouant sur les paradigmes de l’amante et de la criminelle, Ruby incarne à elle seule une « anti-chick lit » incisive, mordante, venimeuse et implacable.

Ce que j’en pense :
A mon sens, Melatonine est avant tout le portrait d’une jeune femme dérangée, victime de son besoin impétueux des autres, au point de les détester. Elle a besoin des autres, de leurs regard désireux, de leur jalousie, de leur chaleur corporelle, de leurs odeurs. Par esprit d’opposition, ou peut-être de sauvegarde, elle dépense une énergie considérable à ne pas s’attacher, à attaquer par anticipation et surtout à prendre et garder le contrôle. En tout cas elle essaye. Le problème c’est qu’il s’agit d’une mission perdue d’avance, un équilibre précaire que les aléas de vie se font un malin plaisir à faire basculer à la première occasion. Mais l’héroïne est bien plus forte que cela, et plus elle perd contrôle plus elle déploie de détermination pour rester maîtresse de sa vie, à en devenir folle, à ne plus se donner de limite. Isabelle
Siryani va loin dans son écriture, sans pour autant tomber dans le franchement glauque, en tout cas pas plus qu’un Beigbeder. Enfin j’imagine que cela dépend des critères de chacun, mais disons que le public concerné reste assez large. Par exemple si les scènes sexuelles sont très nombreuses, la manière d’en parler ne catégorise pas à mon sens Mélatonine de roman érotique à proprement parler. Et à choisir mieux vaut lire cela qu’un mauvais Fifty shades of Grey, et si ce roman ne m’a pas bouleversée, je relirais cet auteur avec plaisir.

Conclusion :
Un roman intéressant, même s’il pourra déranger certains.


A lire si vous voulez en savoir plus sur :
– les ascenseurs
– les lèche-bottes
– les taxis
– les perruques

1 Comment

  1. Merci infiniment pour cette très belle et très juste critique de l'héroïne de Mélatonine. Un second roman se termine j'espère qu'il vous plaira tout autant !

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