Darren Aronofsky : Noé (Noah)

Ce que le synopsis nous dit :
Russell Crowe est Noé, un homme promis à un destin exceptionnel alors qu’un déluge apocalyptique va détruire le monde. La fin du monde… n’est que le commencement.

Ce que j’en pense :
En allant voir Noé, influencée par la bande-annonce franchement pas très vendeuse, je m’attendais à voir un film d’action un peu bourrin. C’est mal connaître Darren Aronofsky, qui nous propose ici de faire face aux notions de bien et de mal, rien que ça. Il colle assez bien à l’esprit biblique, avec des faits et des personnages apparemment simplistes, mais derrière lesquels se révèlent des idées bien plus complexes. Au niveau visuel, ce concept se retrouve notamment dans de très beaux plans en ombres chinoises.
Ici nous avons finalement l’opposition entre les défenseurs de l’humain avant tout (représenté par Tubal-Cainé) et ceux pour qui l’ordre cosmique général est prépondérant (Noé). En nous montrant ces personnages qui vont au bout de leurs convictions respectives, Darren Aronifsmy met ces deux approches sur un pied d’égalité, alors qu’elles proposent toutes les deux des arguments très valables mais aussi des limites évidentes (voire absurdes). J’ai trouvé cela très malin de sa part, car tout cela est tellement représentatif de l’espèce humaine. A titre personnel le film me renforce dans l’idée que ce Dieu dont nous parle la bible est quand même un sacré coquin, colérique, indécis et pas très appliqué dans ses actions (deux exemples : il nous a aussi fait le coup du mec qui détruit son travail pour le recommencer avec les dinosaures ; on oublie souvent que dans l’ancien testament l’épisode de Noé se termine en réalité par un grand feu de joie dans lequel une bonne partie des animaux de l’arche sont offerts en sacrifice, histoire de vérifier pour la centième fois de la fidélité du prophète – tout ça pour ça)… Bref.
Tout aussi brillante, la pirouette par laquelle le film parvient à combiner la création du monde selon l’ancien testament sans renier la théorie de l’évolution. Toutes les scènes représentant l’évolution du monde et/ou le temps qui passe en accéléré sont d’ailleurs très réussies.
Pour les points négatifs, le film n’est pas exempt de quelques longueurs, mais ce sont aussi les moments qui permettent de prendre du recul sur les situations, alors pourquoi pas.

Conclusion :
Entre noir et blanc, le bien et le mal ne sont que des nuances de gris, et elles sont très nombreuses.

A voir si vous voulez en savoir plus sur :
– les espèces en voie de disparition
– le végétarisme
– l’amour
– la consanguinité

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