Charles Bukowski : Contes de la folie ordinaire

Ce que l’éditeur nous dit :
C’est le moment de s’embarquer dans le bateau ivre de Bukowski, l’écrivain poète, né Allemand, citoyen américain par adoption des rues et des bars, témoin des clameurs urbaines… Virons donc du côté d’une folie ordinaire, celle qui sommeille en chaque individu, celle qui vous prend aux tripes un beau matin et fait du corps une marionnette dont on tire les fils, celle qui s’immisce, reptilienne et ne se tait qu’à la mort.
Bukowski délivre aux lecteurs qui veulent bien le suivre dans sa démarche, les contes quelques peu exubérants de cette lente conquête de la déchéance. D’abord abrupte, trash, la folie se coule peu à peu dans la vie et se fait plus mature. Elle gagne en âge et arrondit les angles, estompe sa vulgarité, s’intériorise, pour finir par adopter le corps physique qu’elle habite. Sexe, alcool, et courses de chevaux sont son lot quotidien: Bukowski parle de Bukowski ; ou plutôt de son double, son extension littéraire au prénom poussif : Hank. Le barfly jubile de son petit tour d’auto-parodie. Il en rajoute avec quelques portraits taillés serrés: des ouvriers alcooliques, des jeunes auteurs déjà accomplis dont l’œuvre le révulse et qui lui renvoient l’image insupportable de son parcours d’écrivain à succès. Car Bukoswki vomit à la face de ses contemporains. Il vomit aussi ses pages, et vous somme de prendre son parti ou de le fustiger.
Certes, l’auteur ne laisse pas indifférent, à la première lecture assurément… à la seconde, on se surprend à trouver les limites de ce trash qui apparaît finalement presque désuet. Et pourtant, cette thématique poursuit sa route, se charge d’une iconographie nouvelle, s’enrichit, s’épanouit, se modèle à l’image du monde moderne. Le trash est clean… il suffit de regarder du côté de la bande d’Irvine Welsh. Changement d’époque, mais même folie… Bukowski a fait des petits! –

Ce que j’en pense :
Première constatation : cette couverture est bien trop belle pour illustrer le contenu qu’elle introduit ! Ou peut-être heureusement qu’il y a cette jolie couverture à laquelle nous raccrocher, pour éviter à notre tour de tomber dans la folie. Les premières nouvelles de ce recueil sont un peu… brutes disons, mais inspirent tout de même une certaine empathie pour les personnages. Et puis les histoires s’enchaînent, toujours un peu les mêmes, décrivant cet immuable personnage qui boit, qui baise, qui boit, qui aime (et souvent bat) la nana du moment, qui le lui rend bien d’ailleurs car elle est tout aussi détraquée que lui. Certes Bukowski signe son univers, et le crade (voire très crade) qui le caractérise peut se justifier… jusqu’à un certain point, la répétition effaçant la notion.

Conclusion :
Pas inintéressant mais lassant.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
– les placards
– les bars
– les chambres
– les verres

2 Comments

    • Oui je vois ce que tu veux dire, surtout avec l'accumulation des nouvelles toujours sur le même thème, ça finit par faire trop.

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