Aldous Huxley : Le meilleur des mondes (Brave new world)

Ce que l’éditeur nous dit :
Défi, réquisitoire, utopie, ce livre mondialement célèbre, chef-d’œuvre de la littérature d’anticipation, a fait d’Aldous Huxley l’un des témoins les plus lucides de notre temps.
« Aujourd’hui, devait écrire l’auteur près de vingt ans après la parution de son livre, il semble pratiquement possible que cette horreur s’abatte sur nous dans le délai d’un siècle. Du moins, si nous nous abstenons d’ici là de nous faire sauter en miettes… Nous n’avons le choix qu’entre deux solutions : ou bien un certain nombre de totalitarismes nationaux, militarisés, ayant comme racine la terreur de la bombe atomique, et comme conséquence la destruction de la civilisation (ou, si la guerre est limitée, la perpétuation du militarisme) ; ou bien un seul totalitarisme supranational, suscité par le chaos social résultant du progrès technologique. »

Ce que j’en pense :
Un monde parfait, totalitairement parfait. Les premières pages sont délectables, avec la description de ce monde, la découverte de sa logique, le conditionnement du bonheur. Les idées sont là, on ne peut pas retirer ça à Aldous Huxley. Et puis, fatalement, on rencontre le (les) personnage(s) qui ne sont pas adaptés à cette société, qui la remette question. A partir de là mon enthousiasme a brutalement chuté, parce que c’est si inévitable dans un roman dystopique que ça en devient blasant (après je veux bien croire que Huxley ai été précurseur dans le genre, et que c’est tous les autres auteurs que j’ai lu avant lui qui ont piqué ses idées, mais c’est comme ça, tu arrives trop tard Aldous). Cette entrée dans l’inéluctable aurait pu se compenser par un style intéressant, malheureusement, ce n’est pas le fort de l’écrivain.
Et puis finalement, non, pas de grosse révolution en perspective. Au final j’ai été surprise par la tournure prise par les évènements, et plus encore par la présence prépondérante de Shakespeare. Comme quoi j’ai été mauvaise langue (toutes mes excuses Aldous).
Au final, je trouve que la perspective d’un tel monde ne me parait pas si facile à trancher qu’il n’y parait. Je ne connais pas l’intention réelle de l’auteur lors de la rédaction, mais tout cela ne paraît pas si noir ou blanc, comme le montre notamment la manière dont tout cela se finit pour les différents protagonistes. Je ne suis pas non plus en train de dire que je suis pour les dictatures, juste que ce monde là a un certain sens : il propose à l’ensemble de ses membres d’être heureux de leurs conditions respectives, ce n’est pas si mal. Et je ne vois pas en quoi la douleur et l’inquiétude et la flagellation seraient fondamentalement meilleures. Je crois que tout le monde n’est pas capable, ou n’a pas envie, de “se battre” dans la vie (moi par exemple, me trouver dans une situation Shakespearienne m’ennuierait profondément). Alors, dans une certaine mesure, pourquoi pas ? Le truc c’est précisément que l’une ou l’autre des solutions, ne convient pas à tous (sans compter les conséquences de cette surconsommation sur la planète, ce qui n’est pas abordé ici). Ça donne à réfléchir tout ça… ou pas ^^

Conclusion :
Une écriture tout juste correcte, et une histoire moyenne, mais beaucoup de très bonnes idées, qui explique sans peine le succès de ce roman.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
le sommeil
les phrases toutes faites
l’inadaptation
l’embarras pour autrui

10 Comments

  1. Je l'ai lu quand j'étais au lycée, j'ai eu un peu le même ressenti : des idées superbes, mais l'histoire on décroche assez vite hélas…

    • Oui exactement… Je me dit que ça vient peut être aussi de l'écriture de l'époque soit qu'on y est moins habituées, soit que les critères étaient différent, ou tout simplement que l'exigence de la qualité de style était moins importante que maintenant. Parce que j'ai eu aussi ce sentiment avec un HG Wells, ou même un K. Dick…

  2. Je compte bien le lire un de ces jours, je l'emprunterai à ma médiathèque car je ne sais pas si j’accrocherai.
    Je te souhaite une bonne semaine livresque !

    • C'est ce que j'avais fait aussi. Le bibliothèque permet de lire les classiques sans avoir à investir dans des livres que l'on ne relira pas forcément.
      Bonne semaine livresque à toi également !

  3. Ce livre m'avait beaucoup marquée… je l'ai découvert finalement très "tôt" par rapport à ma vie de lectrice. J'ai préféré la première partie où l'auteur décrit la société.

    • Hehe oui, j'ai pris mon temps avant de me décider à entamer cette lecture, mais comme toi c'est la première partie que j'ai préférée.

    • Bonne année à toi aussi !
      Pas de souci, mon mois de janvier est également plus que chargé, on se tient au courant. 🙂

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