Akiko Itoyama : Le Jour de la Gratitude au Travail

Ce que l’éditeur nous dit :
Le Jour de la Gratitude au Travail réunit deux récits, mordants et drôles, sur le monde du travail, vu du côté féminin, au Japon.  » Quel est votre but dans la vie ?  » a-t-on demandé à Kyôko lors de son premier entretien d’embauche.  » Vivre vieille « , a-t-elle répondu. Après avoir été virée pour avoir molesté son patron. la voilà qui accepte de rencontrer un homme infatué de lui-même et de la taille… de son entreprise. Dans le second récit, l’amitié qui unit la jeune Oikawa à son collègue de travail Futo est de nature assez spéciale. On a beau savoir que les liens qui se nouent au travail sont parfois très puissants, il est rare que le fantôme de votre collègue vous apparaisse, pris de hoquet, devant son appartement. Serait-ce parce qu’ils partagent un secret ? Ce secret que chacun de nous abrite, peut-être sans importance, mais que personne ne doit connaître. L’art d’Itoyama Akiko, c’est de savoir, dans le tableau d’ensemble, repérer le détail qui, soudain, bouleverse la perspective. Ses deux récits colorent la banale réalité du travail de la touche de l’imprévisible ; alors l’être humain révèle son excentricité cachée, et la lutte pour le pain quotidien, son ironique vacuité.

Ce que j’en pense :
Jusqu’à présent, j’ai pu distinguer trois types d’auteurs, ou plutôt de style, au cours de mes lectures nippones : les mal-être dérangeants (Akiyuki Nosaka), les combats intérieurs (Hiromi Kawakami, Yôko Ogawa ou Kyoichi Katayama) et Haruki Murakami. Si mon âme sensible ne permet pas vraiment d’apprécier la première catégorie, j’ai toujours passé de bons moments entre les deux suivantes. L’écriture japonaise exerce sur moi une fascination à la hauteur de celle que j’éprouve pour cette civilisation si différente de la notre.
Et bien voici l’exception venant confirmer la règle, car je n’ai pas du tout été fascinée par Le jour de la gratitude au travail. Certes il est toujours intéressant d’avoir un nouveau point de vue sur les conventions régissant cette société, ici celles du monde du travail et des femmes. Les deux histoires mises en parallèles montrent que l’entreprise peut autant se montrer cruelle que respectueuses envers elles. Ce n’est pas mauvais, mais bon, tant de mots pour pas grand chose. Heureusement le livre ne compte que 100 pages, ce qui nous sauve de l’ennui…

Conclusion :
Bof.

A lire si vous voulez en savoir plus sur :
– les chantiers
– les rendez-vous arrangés
– les bars
– les mutations


2 Comments

  1. Dommage que tu n'aies pas été convaincue mais c'est bien que ce roman soit quand même dans le challenge Dragon 2012.
    C'est marrant, j'ai une autre vision de la littérature japonaise ! Je vois la littérature contemplative, la littérature "normale" (souvenirs, récits, social, etc.), la littérature où le fantastique fait irruption dans le quotidien (Haruki Murakami n'y étant pas le seul auteur) et la littérature déjantée voire trash/gore, sans oublier le manga (en particulier le gekiga pour le littéraire). Qu'en penses-tu ?

  2. Les défis sont le pour nous donner de nouvelles occasions et sujets de lecture, ce qui est toujours intéressant même si au final on peut aussi tomber sur des auteurs qui nous touche moins. C'est l'expérience qui compte!
    Je pense que ce que tu appelle littérature contemplative doit en fait rejoindre ce que j'appelle les combats intérieurs. Ce sont des livres assez lents et centrés sur les émotions et les ressentis, mais tout en finesse, sans coup d'éclat. Es tu d'accord avec ça ? Penses tu à des auteurs particuliers ?
    Pour le "normal" j'avoue que je n'ai rien lu d'autre que des romans… Des oeuvres à me conseiller ?
    De même si tu penses à d'autres auteurs dans la même trempe que Murakami, je serais plus qu'heureuse de les connaitre !
    Le gore/déjanté est plutôt un genre que j'évite en général (quel que soit le pays d'origine), et c'est surement ce que je nommais comme les mal-être. Pour faire exeption à la règle j'ai été assez tenté de me lancer dans Battle Royale de Kōshun Takami (je n'ai pas vu l'adaption cinématographique).
    Enfin, c'est vrai que j'avais un peu mis de côté le genre manga, car c'est pour moi un univers totalement à part, qui comprend lui même de nombreuses sub-divisions. J'en ai beaucoup lu adolescente, un peu moins maintenant. J'avais particulièrement aimé GTO, Angel Sactuary, Peach Girl ou Ayashi no Seres (pour n'en citer que quelque uns).

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